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mercredi 9 avril 2014

Knock ou le Triomphe de la médecine, résumé

Ayant choisi de quitter Saint-Maurice pour s’installer dans une plus grande ville (Lyon en l’occurrence) avec sa femme, le docteur Parpalaid décide de laisser sa place à Knock, jeune médecin de quarante ans. Durant le trajet vers Saint-Maurice, Knock interroge Parpalaid au sujet de la ville, demandant tour à tour si le village contient des sectes, des drogués, des maris trompés ou bien quelques épidémies ça et là. On apprend aussi que Knock doit de l’argent à Ravachol que ce dernier lui a prêté pour s’installer.
Le résultat de la conversation ne plait guère à Knock, pour qui la clientèle dont il hérite est « nulle ».
Dès son arrivée au village, Knock appelle le tambour du village pour faire annoncer son arrivée et l'instauration de consultations gratuites le lundi. Parallèlement, il demande à l’instituteur, Bernard, de bien informer les gens sur ce que sont les microbes, germes et virus, et s'entretient avec le pharmacien Mousquet, qui confirme que Parpalaid lui envoyait bien peu de clients.
Le succès des consultations gratuites est phénoménal et Knock est rapidement débordé. Il instaure les premiers traitements de longue durée tout en menant des investigations sur ses clients afin de ne pas faire payer cher les gens pauvres.
L’hôtel du village devient une véritable clinique où les malades venus des quatre coins du canton viennent suivre les traitements de longue durée que Knock ordonne.
Trois mois après son arrivée, Knock reçoit la visite de Parpalaid venu prendre des nouvelles. Ce dernier est abasourdi par les chiffres impressionnants présentés par Knock, et la pièce se finit sur une discussion entre Parpalaid et Knock où ce dernier fait un peu la morale à son collègue.
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vendredi 3 janvier 2014

Racine : résumé de Phèdre (1677)

Télécharger tout l’ouvrage ici
Phèdre, seconde femme de Thésée, roi d’Athènes, éprouve un amour criminel pour Hippolyte, le fils de son époux ; tel est le fatal secret que lui arrache, après bien des prières, Œnone, sa nourrice. Au moment où elle vient de faire ce cruel aveu, Thésée est absent et bientôt le bruit de sa mort se répand dans Athènes. C’est Phèdre elle-même qui vient annoncer cette triste nouvelle à Hippolyte ; dans cette entrevue, sa tête s’égare et elle lui fait l’aveu de ses coupables sentiments. Hippolyte, épouvanté, la repousse avec horreur et Phèdre, humiliée, jure de se venger de cet affront. Cependant avant de le faire, elle essayera encore une fois de fléchir Hippolyte ; maintenant qu’elle est veuve et libre, elle lui fait offrir la couronne pour prix de son amour. Tout à coup le bruit se répand que Thésée n’est point mort ; il arrive même et Hippolyte l’accompagne. Que va faire la reine déshonorée aux yeux de son époux ? Elle est résolue à se donner la mort ; en attendant, loin d’aller à sa rencontre, elle fuit la vue de celui qu’elle redoute. Thésée, interdit de cet accueil, interpelle la reine, et la nourrice de Phèdre ne trouve d’autre moyen de sauver la vie de sa maîtresse, que d’accuser Hippolyte. Que l’on juge de la colère du malheureux père, lorsque son fils, après ces révélations, ose se présenter devant lui ! Il l’accable de malédictions, le chasse loin de sa présence et conjure même Neptune de punir le coupablejeune homme. Celui-ci se tait et s’éloigne. La vengeance paternelle ne tarde pas à s’accomplir. Peu après, Théramène, accourt pour annoncer la mort d’Hippolyte. Neptune a fait sortir du sein de la mer un monstre menaçant ; les chevaux effrayés se sont emportes et l’infortuné jeune homme est mort de ses blessures en protestant de son innocence. À l’ouïe de cette nouvelle, Phèdre, accablée de remords, vient aussitôt tout dévoiler à Thésée ; mais déjà elle s’est fait justice elle-même, car, à peine a-t-elle achevé déparier, qu’elle tombe empoisonnée aux pieds de son époux.

Le personnage de Phèdre, tel que l’a créé Racine, est le plus beau, le plus poétique, le plus complet qui soit au théâtre. Phèdre n’est point la victime de cette fatalité aveugle et impitoyable du paganisme qui chargeait souvent la plus rigide vertu d’un crime abominable dont elle n’avait pas plus la conscience que la volonté. La fatalité qui pousse Phèdre au crime en lui laissant la conscience da sa faute, et qui la punit de la mollesse de sa résistance et de l’insuffisance de sa vertu, nous parait renfermer un enseignement dont il n’est personne qui ne puisse saisir le sens. Aussi, après la lecture de Phèdre, les solitaires de Port-Royal, et entre autres le célèbre Arnauld, pardonnèrent à leur ancien disciple la gloire qu’il s’était acquise par ses œuvres théâtrales ; leur sévérité fut désarmée, ils ouvrirent les bras au pécheur.

Le sujet de cette tragédie est pris d'Euripide. "Quand je ne devrais, dit Racine, que la seule idée du caractère de Phèdre, je pourrais dire que je lui dois ce que j'ai peut-être mis de plus raisonnable sur la scène." Il aurait pu ajouter aussi, le plus beau rôle et le plus fortement tracé de tous ceux qu'il a mis au théâtre. Il s'est servi avec une merveilleuse adresse de cette idée de fatalisme qui formait le sujet de la plupart des tragédies chez les Anciens, et qui, chez les Modernes, et surtout chez les Français, qui attachent une si grande importance à ce qu'on nomme convenances du théâtre, n'aurait pu que paraître révoltant.

Racine est le seul qui ait risqué un tel rôle sur la scène française, et le Macbeth de Shakespeare est peut-être le seul du théâtre moderne qu'on puisse comparer à cette belle production du tragique français. Ces deux personnages, poussés vers le crime par une fatalité irrésistible, inspirent un intérêt d'autant plus fort qu'il est plus naturel, et qu'il résulte, non du crime qu'ils ont commis, mais du malheur qui les y pousse. Racine était si fortement convaincu de cette vérité, qu'il observe dans sa préface : "J'ai même pris soin de rendre Phèdre un peu moins odieuse qu'elle n'est dans les tragédies des anciens, où elle se résout d'elle-même à accuser Hippolyte."

Racine a aussi fait quelque changement au personnage d'Hippolyte, qu'on reprochait à Euripide d'avoir représenté comme un philosophe exempt de toute imperfection. Il doit à l'auteur grec l'idée du sujet, la première moitié de cette belle scène de l'égarement de Phèdre, celle de Thésée avec son fils, et le récit de la mort d'Hippolyte.

C'est d'après la Phèdre de Sénèque que notre auteur a conçu la scène où Phèdre déclare son amour à Hippolyte, tandis que dans l'Euripide c'est la nourrice qui se charge de parler pour la reine. C'est aussi au poète latin qu'il doit la supposition que Thésée est descendu aux enfers pour suivre Pirithous, et l'idée de faire servir l'épée d'Hippolyte, restée entre les mains de Phèdre, de témoignage contre lui, idée bien supérieure à celle de la lettre calomnieuse inventée par Euripide. C'est aussi à l'exemple de Sénèque que Racine amène Phèdre à la fin de la pièce pour confesser son crime, et attester l'innocence d'Hippolyte en se donnant la mort.
Le personnage d'Aricie n'est pas non plus de l'invention de Racine. Virgile dit qu'Hippolyte l'épousa et en eut un fils.

On a écrit des volumes pour et contre le récit du cinquième acte où Théramène annonce à Thésée la mort de son fils. Tel qu'il est, c'est un des plus beaux morceaux de poésie descriptive qui soient dans notre langue. C'est la seule fois que Racine s'est permis d'être plus poète qu'il ne fallait, et d'une faute il a fait un chef d'œuvre.

Dans le rôle de Phèdre, le plus beau peut-être qu'on a jamais vu sur le scène, on admire surtout l'art avec lequel Racine a évité les défauts de ses prédécesseurs. Mais c'est surtout dans le quatrième acte, quand la honte et la rage d'avoir une rivale jettent Phèdre dans le dernier excès du désespoir, c'est surtout alors que notre poésie s'éleva sous la plume de Racine à des beautés vraiment sublimes, et c'est après avoir déclamé cette scène avec tout l'enthousiasme que lui inspiraient les beaux vers, que Voltaire s'écria un jour : "Non, je ne suis rien auprès de cet homme-là."


[D'après Daniel Bonnefon. Les écrivains célèbres de la France, ou Histoire de la littérature française depuis l'origine de la langue jusqu'au XIXe siècle (7e éd.), 1895, Paris, Librairie Fischbacher et L.T. Ventouillac.]
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jeudi 2 janvier 2014

Cromwell

Introduction :
Un soir de Février 1829, Victor Hugo assiste à la pièce Henri III et sa cour qui sera le triomphe de son ami Alexandre Dumas et se jure de réussir lui aussi au théâtre.
En un mois, Victor Hugo crée Cromwell une pièce qui délogera du théâtre Français les écrivains poussiéreux.
I Cromwell
Résumé:
Une conjuration réunit royalistes et républicains contre Cromwell, Lord Protecteur d'Angleterre: les uns ne lui pardonnent pas l'exécution de Charles 1er; les autres n'admettent pas qu'il veuille prendre la couronne du roi. Cromwell déjoue le complot dont il est averti par Carr, puritain exalté, qui ne peut admettre le rétablissement des Stuart. Mais au dernier moment, il refuse la couronne, mis en garde contre cette ambition par le poète Milton. Et comme Cinna,il fait grâce aux conjurés.
Les critiques de la pièce:
Victor Hugo crée Cromwell à l'âge de vingt-quatre ans, en 1827. La pièce retient l'attention par deux fait marquants: d'abord, la distribution qui compte quelques soixante-dix personnages et rend la pièce pratiquement injouable, et surtout, sa longue préface dans laquelle Hugo lance un véritable manifeste en faveur du théatre romantique qui trouve là son acte de naissance et sera le déclencheur d'un mouvement irréversible. Le caractère du "drame" est le "réel" et le "réel" résulte de la combinaison de deux types, le "sublime" et le "grotesque" qui se croisent dans le "drame" comme ils se croisent dans la vie et dans la création.
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mardi 31 décembre 2013

Résumé de L'Ecole des femmes

Télécharger toute la pièce ici
Comédie en 5 actes et en vers, créée au Palais Royal le 26 décembre 1662, et publiée chez De Luynes, le 17 mars 1663.

Acte I

Arnolphe, qui bien que se vantant du contraire, a toujours craint d'être cocu. Il informe son ami Chrysalde de son intention de se marier. Il envisage d'épouser sa pupille, Agnès, qu'il a fait élever, dès l'âge de 4 ans, dans un couvent en prenant soin de la priver de toute instruction :
" Dans un petit couvent, loin de toute pratique, 
Je la fis élever selon ma politique ; 
C'est-à-dire, ordonnant quels soins on emploierait 
Pour la rendre idiote autant qu'il se pourrait.
Dieu merci, le succès a suivi mon attente ; 
Et, grande, je l'ai vue à tel point innocente, 
Que j'ai béni le ciel d'avoir trouvé mon fait, 
Pour me faire une femme au gré de mon souhait".
Agnès est maintenant enfermée dans une maison où elle est gardée par un valet et une servante , un peu simples, Alain et Georgette.
De retour , après dix jours de voyage, Arnolphe, qui se fait aussi appeler M. de la Souche, rencontre Horace, le fils de son ami Oronte. Arnolphe encourage Horace à se distraire, notamment en cherchant fortune aux dépens de maris imprudents. Il se propose même de lui donner de l'argent pour l'aider à conquérir ces femmes volages. Horace lui raconte assez naïvement qu'il n'a pas attendu ses conseils et qu'il est déjà parvenu à conquérir le cœur d'une jeune fille, Agnès, pupille d'un certain M. de la Souche, personnage tyrannique et ridicule. Il a profité de l'absence de ce dernier pour faire la cour à Agnès. Arnolphe, vexé, dissimule difficilement son agacement .

Acte II

Arnolphe s'en prend alors à ses domestiques leur reprochant d'avoir laissé un homme s'approcher d'Agnès. Puis il est vite rassuré par le récit ingénu que lui fait la jeune fille de sa rencontre avec Horace. Le jeune séducteur n'a pas profité de la situation pour ternir la réputation de la jeune pupille. Arnolphe exploite cette situation, redevenue favorable, pour annoncer à la jeune fille qu'il souhaite hâter son mariage. Agnès pensant que son tuteur souhaite lui permettre d'épouser Horace exprime toute sa reconnaissance à Arnolphe. Celui-ci rompt brutalement le quiproquo en lui indiquant que c'est de leur mariage à eux deux qu'il s'agit.

Acte III

Pensant avoir rétabli la situation à son profit, Arnolphe se prépare au mariage. Il enseigne à Agnès ses devoirs et lui dresse un tableau terrifiant des conséquences de l'infidélité conjugale. Agnès acquiesce sans aucune protestation. Arnolphe se réjouit de la bonne tournure de ses projets matrimoniaux et s'apprête à savourer la défaite d'Horace, son jeune rival.
Lors d'une nouvelle rencontre d'Arnolphe et d'Horace , ce dernier concède , pour le plus grand bonheur de son adversaire, que ses amours connaissent un certain revers. Les domestiques l'ont empêché de voir sa bien-aimée, puis Agnès l'a chassé en lui lançant une pierre. Mais heureuse surprise, la pierre était accompagnée d'une lettre d'amour. Pendant qu'Horace se réjouit à nouveau de cette marque passionnée, Arnolphe a du mal à cacher son dépit et sa colère.
Arnolphe qui se retrouve seul, médite sur la jalousie qu'il éprouve. Il découvre qu'il est tombé amoureux de sa prisonnière. L'aveu d'Horace lui fait prendre conscience qu'il ne souhaite plus simplement posséder Agnès ; il souhaiterait aussi être aimé d'elle.

Acte IV

Arnolphe décide de faire face. Il n'accepte pas de s'avouer vaincu par ce "freluquet". Il lui faut pourtant admettre son incapacité à conquérir le cœur d'Agnès. Il décide d'enseigner à ses valets les façons d'éconduire Horace. Celui-ci apparaît et raconte la dernière aventure qui lui est arrivé. Alors qu'Agnès l'avait clandestinement introduit dans sa maison et l'avait fait monter jusque dans sa chambre, M. de la Souche est arrivé, plein de colère. Vite Agnès l'a enfermé dans une armoire pour le cacher et lui a donné un nouveau rendez-vous pour le soir même.
Ainsi averti par Horace, qui ne se doute toujours de rien,Arnolphe prend alors des mesures et demande à ses valets de défendre la maison. Lorsque le "galant" sera au sommet de l'échelle prêt à s'introduire dans la chambre d'Agnès, ordre leur est donné de faire pleuvoir sur lui une pluie de coups de bâton.

Acte V

Arnolphe est contrarié, ses domestiques ont trop bien respecté ses consignes et Horace, est allongé, sans vie, devant la maison. Mais coup de théâtre, alors qu'Arnolphe s'apprête à constater cet accident, Horace apparaît devant lui. Il lui avoue, qu'étant tombé de l'échelle, il a préféré faire le mort que de recevoir de nouveaux coups. Il concède également qu'Agnès est venue à son secours et lui a indiqué son souhait de ne plus retourner chez son tuteur. Ironie du sort ou naïveté suprême, Horace demande à son ami Arnolphe de protéger Agnès pendant quelque temps , en attendant qu'il puisse l'épouser. Dans une demi obscurité, Agnès change ainsi de défenseur, passant de la protection d'Horace à celle d'Arnolphe.
Le transfert ayant eu lieu, Arnolphe se fait reconnaître par Agnès et lui exprime de vifs reproches. Agnès écoute avec une grande indifférence ce mélange de menace et de déclaration d'amour. Arnolphe lui promet de l'enfermer dans un couvent, mais il est décontenancé par la passivité de celle qu'il aime.
Arrive alors Oronte, le père d'Horace, qui souhaite marier son fils avec la fille d'Enrique, un seigneur revenu en France après une longue absence. Horace implore Arnolphe et le supplie de l'aider . Celui accepte avec beaucoup d'ironie.
Arnolphe se moque avec beaucoup de cruauté d'Horace, et lui apprend qu'Arnolphe et M. de La Souche sont la même et unique personne. C'est alors qu'il apprend qu'Agnès est la fille d'Enrique. Grâce à un hasard généreux, tout est bien qui finit bien pour Agnès et Horace, les jeunes amoureux. Arnolphe, lui est anéanti, et quitte la scène complètement désespéré.

1662: L'année de l'Ecole des femmes

Molière a 40 ans . Il épouse cette année-là Armande Béjart, la fille de Madeleine Béjart. Ce mariage avec la fille de sa maîtresse, lui vaut d'être accusé de relations incestueuses avec cette personne qui pourrait être sa fille.
Il réussit son coup de maître en écrivant l'Ecole des femmes, la première des comédies de la maturité, en cinq actes et en vers. Cette pièce, qui soulève des questions importantes (l’institution du mariage et l’éducation des filles), tranche nettement avec les thèmes habituels de la farce ou de la comédie à l’italienne. Innovation littéraire en même temps que critique originale de la société du temps, elle irrite certains auteurs concurrents autant qu’elle choque les tenants de la morale traditionnelle.
L'Ecole des femmes connaît un énorme succès, et vaudra à Molière une longue polémique. Cette querelle occupera toute l’actualité littéraire de l’année 1663, avec ses pamphlets, ses textes satiriques et ses quolibets.

La solitude d'Arnolphe

Entre comédie et tragédie, L'École des femmes reprend le thème classique du conflit entre l'âge de raison et l'âge rebelle à la raison. Mais Molière va plus loin qu'il n'est jamais allé. Dans la relation d'Arnolphe, qui veut arrêter à sa porte le mouvement du monde, et d'Agnès, mise à l'écart pour être modelée à huis-clos, il y a des éléments de mythologie : la naissance d'une femme, un conte à la Pygmalion, la lutte personnelle d'un homme avec un destin inéluctable. Arnolphe veut fabriquer un être à sa mesure. En scène pendant trente et une scènes (sur trente-deux), il mène son combat en multipliant les gestes propitiatoires. Il y a un défi en lui, mais c'est un défi de démiurge bourgeois, aspiré par le conservatisme, hanté par un rêve enfantin et destructeur.
Autour de lui, un groupe de gens qui n'est pas encore la famille constituée des pièces à venir fait résistance à cette tyrannie obsessionnelle. Il tente de révéler au tyran combien il est dans l'erreur, combien il est ridicule, combien il est cruel, combien il se trompe dans sa vision du monde. Mais Arnolphe ne les entend pas, ne les voit pas. Il échouera face à Agnès, une jeune fille autodidacte qui a en elle la grande force de la naïveté. Arnolphe est seul. Il est l'homme d'un projet solitaire.
Peut-être faut-il lire aujourd'hui L'École d'Arnolphe tout autant que L'École des femmes, il se pense le maître du jeu alors qu'il a toujours cinq actes de retard sur les autres personnages. Mais c'est lui le cœur de la pièce. Obsessionnel et malheureux. Odieux et poignant. Monstrueux et humain. Pensif et pensant. Une conscience isolée que le spectacle, en créant une relation intime au sein d'un immense espace mythique, va rapprocher du double millier de consciences réunies chaque soir dans la Cour d'honneur.
Arnolphe, en même temps que la pièce, passe son temps à frôler le tragique. La représentation pourra se situer dans cette incertitude des genres, en se souvenant que Molière, créateur du rôle, venait de découvrir qu'il ne serait jamais accepté comme tragédien et que, s'il entendait dire des choses terribles sur l'humanité, il ne pourrait le faire qu'en faisant rire.
Didier Bezace est l'un des metteurs en scène les plus fidèles au festival d'Avignon. Ses plus récents spectacles étaient le cycle C'est pas facile construit avec des textes de Bove, Brecht et Tabucchi et la pièce de Hristo Boytchev, Le Colonel-oiseau. Son optique est celle d'un théâtre populaire d'aujourd'hui, où le public vient retrouver les valeurs auxquelles il est attaché. Quelle histoire d'aujourd'hui peut-on et veut-on raconter avec un grand classique ? Le cheminement d'Arnolphe et l'infinie exposition de son obsession trouvent leur traduction scénique dans la collaboration entre Didier Bezace et Pierre Arditi. Un grand acteur éclaire une œuvre d'un jour nouveau. Leur recherche commune fait vibrer, d'une moderne sensibilité, la solitude d'Arnolphe, seul contre tous au pied de la muraille.
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mardi 19 novembre 2013

Tartuffe de Molière

L'oeuvre intégral est ici

Cette comédie en cinq actes et en vers de Molière a été créée au théâtre du Palais Royal à Paris le 5 février 1669 , et a été publiée la même année chez Pierre Ribou.

Résumé de Tartuffe

Acte I

Acte I : La vieille et atrabilaire Madame Pernelle, rangée du côté de son fils Orgon, reproche à son entourage , ses petits enfants Damis et Marianne , sa bru Elmire et le frère de celle-ci, Cléante,   ainsi qu’à Dorine, la suivante , une attitude trop mondaine , en totale contradiction avec les austères instructions de Tartuffe, un personnage pieux et respectable selon elle, un faux dévot hypocrite selon les autres, que son fils Orgon a charitablement recueilli. Madame Pernelle reproche à sa bru, Elmire, son excentricité et sa prodigalité et au frère de celle-ci, Cléante, son côté donneur de leçon. Elle considère que Damis, son petit-fils, est «  un sot » , que Marianne, sa petite-fille est perfide et  Dorine, insolente. Madame Pernelle sortie, Dorine explique à Cléante l’aveugle dévotion dont Orgon s’est pris pour Tartuffe.
Au retour d'un séjour à la campagne, Orgon ne se préoccupe que de Tartuffe, les « autres » ne l’intéressant  guère. Il avoue même sans hésiter qu’il verrait «  mourir frère, enfants, mère et femme » sans en éprouver la moindre tristesse. Emu,  il confie à Cléante le récit de sa première rencontre avec Tartuffe . Cléante essaie de le mettre en garde contre les faux dévots. En vain. Orgon indique également qu’il est très hésitant concernant le prochain mariage de Mariane,  sa fille avec Valère et quitte soudainement son beau-frère.

Acte II 

Orgon révèle à Marianne, désespérée, qu’il souhaite la marier à Tartuffe. La jeune fille proteste, mais Orgon se montre intraitable et indique que sa décision est irrévocable. Dorine intervient et prend la défense de la jeune fille. Elle montre à Orgon que ce projet est insensé. Ne pouvant la faire taire, Orgon se met en colère et quitte la scène. La suivante reproche à sa jeune maîtresse son manqué de fermeté face à son père. Profondément découragée, Marianne laisse entendre qu'elle préfère mourir et se réfugie dans le désespoir. Survient  Valère, tout étonné de  la rumeur du mariage de sa bien-aimée avec Tartuffe. S’ensuit entre les deux jeunes gens le malentendu d’un dépit amoureux.  Dorine intervient pour réconcilier les deux jeunes amoureux et leur faire comprendre l'incongruité de leur querelle. Elle leur propose de tout faire pour déjouer le projet d'Orgon et de faire intervenir Cléante et Elmire, eux aussi ennemis de Tartuffe.

Acte III 

Damis est furieux d’apprendre le prochain mariage de sa sœur Marianne et de Tartuffe. Il souhaite s’en expliquer avec ce dernier. Dorine, très clairvoyante, lui conseille d’attendre un peu, car elle est persuadée qu’Elmire, la femme d’Orgon, peut encore influencer Tartuffe : « Sur l'esprit de Tartuffe elle a quelque crédit; il se rend complaisant à tout ce qu'elle dit, et pourrait bien avoir douceur de cœur pour elle ». Damis se cache dans un petit cabinet et écoute la conversation entre Tartuffe et Elmire. Le dévot se montre tout d’abord scandalisé du décolleté de Dorine, mais change soudain d’attitude lorsqu’il voit paraître Elmire. Alors que celle-ci tente d'évoquer avec Tartuffe le mariage controversé, Tartuffe profite de ce tête à tête pour faire à Elmire une cour assidue et très compromettante. Elmire repousse les avances de Tartuffe. Elle s’engage aussi à ne pas révéler cet incident, à la seule condition que le faux dévot ne s’oppose pas au mariage de Valère et de Marianne. Profondément offusqué d’un tel accommodement, Damis profite de l’arrivée de son père pour sortir de sa cachette et dénoncer la perfidie de Tartuffe. L'homme de confiance d’Orgon parvient à retourner la situation à son avantage. Orgon ne peut se résoudre à croire en la culpabilité de son directeur de conscience et finit par reporter sa colère contre son fils qu'il n’hésite pas à déshériter et à chasser de sa maison. Pour montrer la confiance qu’il conserve à Tartuffe, il encourage ce dernier à fréquenter sa femme et envisage de faire donation de tous ses biens à son directeur de conscience.

Acte IV 

 Cléante tente en vain de mettre Tartuffe en face de ses responsabilités. Il est la cause du renvoi de Damis. Quand à l’héritage, il lui indique qu’il n’a aucune légitimité pour en bénéficier. Tartuffe reste intraitable : il n’interviendra pas pour aider Damis et il ne peut refuser cette donation. Marianne, dont le sort semble scellé, livre à son père son désespoir de se voir promise à Tartuffe. Elmire décide alors d’agir. Face à l'incrédulité et à l'aveuglement de son mari, elle lui propose de lui apporter la preuve de l’hypocrisie de son protégé. Elle demande à Orgon de se cacher sous la table afin qu'il puisse assister à une entrevue qui n'aura d'autre but que de révéler la véritable personnalité de Tartuffe. Survient alors Tartuffe qui se montre tout d’abord méfiant. Puis très vite il recommence une cour assidue auprès d’Elmire. A la fois furieux et effondré, Orgon intervient et ordonne à Tartuffe de quitter les lieux. Hélas, il est trop tard. Tartuffe rappelle à Orgon qu’il lui a fait don durant l’après midi de ses biens et que c'est lui, à présent, Tartuffe qui est le propriétaire de la maison.

Acte V 

L’hypocrisie de Tartuffe est maintenant évidente aux yeux de tous. Orgon, profondément marqué par les événements, jure qu'il ne fera plus jamais confiance aux gens de bien. Madame Pernelle, incrédule, veut encore croire en l'intégrité de Tartuffe. Il faudra la venue de Monsieur Loyal, huissier de justice, chargé d'une ordonnance visant à faire évacuer les lieux par Orgon et sa famille, pour qu’elle confesse son erreur et son aveuglement. Cléante espère qu'il exisste encore un moyen de contrecarrer les noirs desseins de Tartuffe. Mais nouveau coup de théâtre. On apprend par Valère que Tartuffe s’est servi de la cassette que lui avait remis Orgon pour le dénoncer au roi comme complice des frondeurs. Il lui faut fuir de toute urgence, s’il ne veut pas qu’on l’arrête. Trop tard. Arrivent Tartuffe et un commissaire de police. Mais dernier coup de théâtre. L'affaire est parvenue aux oreilles du prince. Celui-ci se souvenant de la loyauté d’Orgon durant la Fronde, décide de lui rendre tous ses biens et fait emprisonner Tartuffe, déjà connu pour de précédentes escroqueries. Toute la famille respire et loue la bonté du Monarque. On va pouvoir enfin célébrer le mariage de Valère et de Mariane.
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Dom Juan de Moliere

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ACTE I

Gusmon, écuyer de Done Elvire, converse avec Sganarelle, valet de Dom Juan. Il ne comprend pas que Dom Juan ait abandonné Done Elvire, qu'il avait épousée après l'avoir enlevée du couvent.
Sganarelle, désinvolte, répond aux interrogations de Gusman. Il lui enlève ses illusions et esquisse un portrait de son maître, libre penseur, "grand seigneur méchant homme" et " épouseur à toutes mains" . Arrive Dom Juan : il confie à Sganarelle que seule la conquête l’intéresse. Il évoque l’inconstance de l’amour et dévoile à son valet le secret de son propre caractère : il ne peut s'attacher à aucune femme, et rêve, tels les grands conquérants, de succès sans cesse recommencés. Le voici libre de se lancer dans une nouvelle "entreprise amoureuse" : il s'agit d'enlever une belle, au cours de la promenade en mer que lui offre son fiancé. Mais survient Elvire, douloureuse et indignée. Elle reproche à Dom Juan sa trahison et lui demande des comptes. Dom Juan se réfugie dans une impudente hypocrisie et lui répond avec le cynisme le plus odieux. Elvire appelle sur lui la punition du ciel et le quitte en le menaçant de sa vengeance. Dom Juan, impassible, s’apprête à mener à bien "l’entreprise amoureuse" dont il a parlé à Sganarelle

ACTE Il

Dom Juan a échoué dans son entreprise amoureuse. Alors qu’il souhaitait enlever la jeune fille en mer, une bourrasque a retourné sa barque. Il n’a été sauvé que grâce à l’intervention de Pierrot, un paysan. Pierrot et Charlotte discutent de ce sauvetage. Le jeune homme raconte comment il a sauvé du naufrage un grand seigneur magnifiquement vêtu.
Mais cet accident n’a pas tempéré les ardeurs de Dom Juan. A peine remis de ses émotions, Il fait les yeux doux à une jeune paysanne, Mathurine. Pierrot sort et Dom Juan entre en scène. Il entreprend de séduire Charlotte et lui promet le mariage. Charlotte, un moment hésitante se laisse gagner par l'ambition de devenir une noble dame. Pierrot, de retour, trouve Dom Juan baisant la main de Charlotte. Il se fâche, s’interpose mais doit vite quitter la scène sous les soufflets de celui qu’il vient pourtant de sauver de la noyade. Sganarelle essaye de s'interposer et reçoit quelques gifles qui ne lui étaient pas destinées.
Dom Juan fait la cour à Charlotte. Mathurine, la jeune paysanne qu’il a séduit précédemment, apparaît . Les deux paysannes se jettent l'une à l'autre les promesses de mariage que Dom Juan leur a faites. Le séducteur tente de persuader chacune d'elles qu'elle est la seule aimée.  Un valet vient prévenir Dom Juan que des hommes armés sont à sa recherche. Il prend la fuite.

ACTE III

Dom Juan, en habit de campagne et Sganarelle, en robe de médecin, font route à travers la forêt. Dom Juan confie à Sganarelle son scepticisme sur la médecine. Elle est selon lui un tissu d'absurdités. Il lui indique aussi qu'il ne croit pas plus en Dieu qu'à la médecine. Sganarelle, scandalisé une fois de plus, tente de démontrer l'existence de Dieu. En vain.
Les deux hommes se sont égarés. Ils demandent leur chemin à un pauvre homme qui leur indique le chemin de la ville. L’homme leur fait l’aumône. Dom Juan lui donne une pièce d'or " pour l'amour de l'humanité " .
Dom Juan entend des bruits d’épée. Il porte secours et sauve un gentilhomme attaqué par trois voleurs. Il s’agit de Dom Carlos, l'un des frères d'Elvire parti à sa poursuite. Les deux hommes, qui ne se connaissent pas, ne prennent pas conscience de l'incongruité de la situation.
Dom Alonse, un autre frère d’Elvire les rejoint. Lui, reconnaît Dom Juan l'ennemi de leur famille. Dom Carlos persuade son frère de remettre à plus tard la vengeance contre un homme qui vient si généreusement de lui sauver la vie.
Dom Juan promet à Dom Carlos d'être à ses ordres quand il le souhaitera. Demeurés seuls, Dom Juan et Sganarelle aperçoivent, entre les arbres, le tombeau d'un Commandeur. Il s’agit du commandeur que Dom Juan a tué en duel six mois auparavant. Celui-ci, par bravade, invite la statue du défunt à dîner. La statue incline la tête et indique ainsi qu’elle accepte l’invitation.

ACTE IV

Le soir même, Dom Juan, rentre chez lui, et attend son dîner. Se succèdent chez lui une foule d’importuns : M. Dimanche, son créancier . Dom Juan couvre l’intrus de tant de compliments que celui-ci n’a pas le temps de réclamer son dû. Arrive ensuite Dom Louis, père de Dom Juan, qui reproche à son fils sa conduite déshonorante. Dom Juan ne manifeste vis à vis de son père qu'une froide insolence. Puis c’est le tour d’Elvire. Touchée par la grâce, elle demande à Dom Juan, avant de retourner au couvent, de renoncer au vice et de se convertir en Dieu. Vaine intervention. Dom Juan est pourtant séduit par la jeune femme et a beaucoup de difficultés à la laisser partir. Dom Juan se met enfin à table, mais il a oublié son invité : la statue du Commandeur. Elle invite Dom Juan à dîner le lendemain.

ACTE V

Revirement de situation. Dom Juan annonce à son père qu’il s’est converti. Le vieil homme est touché par cette nouvelle et s'en félicite. Sganarelle, lui aussi se réjouit de la nouvelle. Mais Dom Juan le détrompe vite et lui indique que ceci n’est que pure hypocrisie. Dom Carlos, le frère d’Elvire, vient donner ses ordres à Dom Juan, en lui demandant de rester fidèle à sa sœur. Dom Juan se retranche derrière sa supposée conversion.
Dom Juan est allé trop loin . Le ciel décide de donner une ultime chance à cet effronté : une femme voilée, ayant l’allure d’un spectre et la voix d’Elvire, demande à Dom Juan de se repentir. Dom Juan veut frapper le spectre, mais celui-ci s’évanouit.
Dom Juan a laissé passer sa dernière chance. Surgit alors la statue du Commandeur. Elle rappelle à Dom Juan la promesse qu’il lui a faite : partager avec elle son repas. Elle entraîne Dom Juan dans les abîmes de la terre, en enfer. Sganarelle, resté seul, réclame, en vain, ses gages.

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Le Misanthrope de Molière

 Télécharger la pièce ici

Alceste, le misanthrope, est le plus loyal et le plus droit des hommes ; malheureusement il lui manque une vertu, l’indulgence pour la conduite des autres. Dans son rigorisme, il pousse la franchise jusqu’à la brutalité. Un compliment banal, de pure politesse, en voilà assez pour le faire crier au mensonge, à l’hypocrisie, et il ne voit partout « qu’imposture, intérêt, trahison, fourberie ».

Aussi dans sa colère peu réfléchie, il n’épargne personne et ne craint pas de dire qu’il hait tous les hommes,

« Les uns parce qu’ils sont méchants et malfaisants,
Et les autres, pour être aux méchants complaisants
Et n’avoir pas pour eux ces haines vigoureuses
Que doit donner le vice aux âmes vertueuses. »

À la mauvaise humeur du misanthrope, Molière oppose l’esprit accommodant de Philinte, ami d’Alceste, qui ne veut être l’ennemi de personne, et qui pousse peut-être un peu loin l’indulgence et la complaisance.

Ces deux caractères tracés, Molière tire un grand parti de leur contraste. Alceste a un procès, au sujet duquel Philinte l’engage à aller visiter ses juges ; confiant dans la justice de sa cause, il refuse, et s’emporte contre le genre humain lorsqu’il apprend que son adversaire a triomphé. Une autre fois, il se met une affaire d’honneur sur les bras, pour avoir voulu dire crûment sa façon de penser à un poète prétentieux qui était venu lui soumettre un sonnet de sa composition. Enfin, malgré la rigidité de ses principes, Alceste a la faiblesse d’être épris d’une femme, Célimène, qui, bien loin de partager ses goûts et ses idées sur le monde, est le modèle des coquettes en même temps que fort médisante. Le misanthrope ne peut naturellement contenir son indignation fort souvent justifiée lorsque Célimène donne un libre cours à sa mauvaise langue, mais il devient ridicule par la violence de ses emportements qui contrastent avec la futilité des causes qui les provoquent. Convaincu enfin de l’indignité de cette qu’il a aimée avec toute la sincérité de son cœur, Alceste refuse l’offre qu’elle lui fait de sa main.

Rousseau a blâmé sévèrement cette pièce au point de vue de la morale. Il trouve que Molière y cherche à jeter du ridicule sur l’honnêteté et la sincérité. Rousseau se trompe. Ce n’est pas de l’honnête homme que Molière se moque ; il veut seulement prouver que l’homme le plus vertueux n’est pas exempt de petites faiblesses. Le but du Misanthrope est la tolérance sociale. C’est de tous les ouvrages de Molière celui où il a représenté d’une manière plus générale les travers de l’humanité. Il est sorti dans cette pièce plus que dans les autres du cercle étroit des ridicules et des mœurs de son siècle ; il y a peint tous les siècles puisqu’il y a peint le cœur humain.


[D’après Daniel Bonnefon. Les écrivains célèbres de la France, ou Histoire de la littérature française depuis l'origine de la langue jusqu'au XIXe siècle (7e éd.), 1895, Paris, Librairie Fischbacher.]
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lundi 18 novembre 2013

Le Cid, Corneille

Le Cid, de Pierre Corneille est une tragi-comédie. C'est une pièce de théâtre en vers. La première représentation a eu lieu en décembre 1636 ou janvier 1637. 

Texte complet de Le Cid - Corneille

Les personnages

Don Rodrigue, fils de Don Diègue et amant de Chimène. Cid est un surnom de guerre qui ne sera rappelé qu’aux actes IV et V et uniquement par le roi et l’Infante.
Chimène, fille de Don Gomès.
Don Gomès (le comte), comte de Gormas et père de Chimène.
Don Diègue (de Bivar), père de don Rodrigue.
Doña Urraque (l’Infante), Infante de Castille (secrètement amoureuse de Rodrigue).
Don Fernand, premier Roi de Castille.
Don Sanche, amoureux de Chimène.
Elvire, gouvernante de Chimène.
Léonor, gouvernante de l'Infante.
Don Arias et don Alonse, gentilshommes castillans.


Résumé du Cid

La scène se déroule à Séville.

ACTE I

Elvire, la gouvernante de Chimène, apprend à celle-ci que le comte (son père) approuve son choix d'épouser Rodrigue (scène 1). Elle tente aussi d'écarter les doutes de Chimène quant à son accès au bonheur. L'Infante de Castille qui est une amie de Chimène a contribué à unir les deux amants, mais elle avoue qu'elle aime Rodrigue, et ce malgré leur différence de rang social (scène 2).
Le comte et don Diègue sont rivaux car le roi vient de nommer don Diègue gouverneur du prince de Castille. Don Diègue veut cesser de se quereller et évoque le mariage de leurs enfants. Une dispute éclate et don Diègue insulte le comte : "Qui n'a pu l'obtenir ne le méritait pas" (scène 3). Don Diègue est hors de lui, il doit se venger (scène 4). Il demande à son fils Rodrigue de le venger en combattant le père de Chimène (scène 5). Le dilemme cornélien apparaît avec la conclusion suivante de Rodrigue : "Courons à la vengeance" (scène 6).


ACTE II
Le comte ne regrette pas son geste et ne craint pas la colère du roi (scène 1). Rodrigue retrouve l'offenseur de son père et réussit à le convaincre de se battre avec lui (scène 2). Chimène, en visite chez l'Infante, craint que Rodrigue ne tue son père ou ne soit tué par lui. L'Infante propose d'emprisonner Rodrigue pour éviter l'irréparable. Chimène accepte (scène 3). Hélas, il est trop tard. Un page annonce qu'on a vu le comte et Rodrigue partir ensemble (scène 4). La passion de l'Infante pour Rodrigue se réveille. Tout en pleignant Chimène, elle imagine que la gloire qui auréolerait le vainqueur du comte, célèbre guerrier, permettrait à une infante de l'épouser (scène 5).
Le roi, de son côté, informé de l'insolence de don Gomès, est décidé à le punir. Il s'inquiète également de la présence de quelques navires à proximité des côtes espagnoles (scène 6). Un messager vient annoncer la mort du comte, tué par Rodrigue. On apprend que Chimène souhaite rencontrer le roi (scène 7).
Chimène arrive éplorée et demande justice au roi. Ce dernier ne lui dit pas quelle va être sa décision (scène 8).


ACTE III
Rodrigue, après le duel, cherche à voir Chimène. Elvire lui demande de se cacher, lui déconseillant cette entrevue (scène 1).
Chimène arrive et se lamente de la mort de son père et du fait qu'elle n'arrive pas à haïr son assassin. Son honneur l'oblige à se venger, son amour lui impose de pardonner (scène 3).
Rodrigue réapparaît et s'offre à la vengeance de Chimène. Elle refuse de lui donner la mort : "Va, je ne te hais point." (scène 4).
Pendant ce temps, don Diègue cherche son fils en se plaignant qu'on ne peut jamais être pleinement heureux (scène 5). Il rencontre Rodrigue qui reçoit tièdement ses louanges. Il souhaite être seul pour pouvoir réfléchir à ses malheurs. Son père lui dit que ce n'est pas le moment car les Maures sont sur le point d'envahir la ville (scène 6).


ACTE IV
Elvire rapporte à Chimène que tout le monde parle du héros Rodrigue et raconte ses exploits dans la bataille contre les Maures. Chimène tente de ne pas oublier ses devoirs et de ne pas céder à son amour (scène 1).
L'Infante déconseille à Chimène de poursuivre son vœu de vengeance : "Tu poursuis en sa mort la ruine politique" (scène 2).
Le roi reçoit Rodrigue en héros et lui demande un récit de bataille : " Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort  / Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port, " (scène 3).
Chimène vient demander justice au roi. Le roi fait sortir Rodrigue (scène 4) et fait ensuite croire à Chimène que Rodrigue vient de mourir. Chimène blêmit et le roi en conclut que son amour n'est pas mort.
Chimène refuse cependant à renoncer à obtenir justice. Elle demande un champion pour se battre contre Rodrigue et la venger. Elle offrira sa main au vainqueur. Don Sanche, amoureux de Chimène, accepte de se battre (scène 5).


ACTE V
Rodrigue annonce à Chimène qu'il ne combattra pas vraiment contre don Sanche : "Je vais lui présenter mon estomac ouvert / Adorant en sa main la vôtre qui me perd." Mais Chimène le persuade en lui avouant qu'elle ne veut pas épouser don Sanche. Rodrigue retrouve sa vaillance (scène 1).
L'Infante se désespère de voir son amour pour Rodrigue grandir. Elle regrette que le "destin a permis / Que l'amour dure même entre deux ennemis." (scène 2). Léonor vient anéantir tout espoir pour l'Infante : "Puisqu'il faut qu'il y meure, ou qu'il soit mon mari / Votre espérance est morte, et votre esprit guéri."(scène 3).
Chimène se lamente : "Elvire, que je souffre, et que je suis à plaindre" (scène 4). Don Sanche se présente devant elle avec l'épée tâchée du sang de Rodrigue. Elle le repousse (scène 5).
Chimène avoue au roi qu'elle aimait encore Rodrigue. Don Sanche explique qu'il y a un malentendu car en fait il a été vaincu par Rodrigue (scène 6).
Rodrigue demande pardon au roi. Ce dernier donne du temps à Chimène pour son deuil mais lui impose d'épouser Rodrigue, conformément à sa promesse d'épouser le vainqueur (scène 7).


Les unités

Unité d’action, unité de lieu, unité de temps.
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jeudi 4 juillet 2013

Le Bourgeois Gentilhomme


Le Bourgeois gentilhomme est une comédie-ballet en cinq actes en prose de Molière, représentée pour la première fois le 14 octobre 1670, devant la cour de Louis XIV, au château de Chambord par la troupe de Molière. La musique est de Jean-Baptiste Lully, les ballets de Pierre Beauchamp, les décors de Carlo Vigarani et les costumes turcs du chevalier d'Arvieux.

Cette pièce incarne le genre de la comédie-ballet à la perfection et reste même l'un des seuls chefs-d'œuvre du genre
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Le Malade imaginaire

Vous pouvez télécharger toute la pièce ici

Le Malade imaginaire est la dernière comédie écrite par Molière. C'est une comédie-ballet en trois actes, représentée au Théâtre du Palais-Royal le 10 février 1673 par la troupe de Molière ; elle puise son inspiration dans la commedia dell'arte. La musique est de Marc-Antoine Charpentier et les ballets de Pierre Beauchamp.

Personnages de la pièce
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mercredi 3 juillet 2013

En attendant Godot

Pour télécharger toute la pièce cliquer ici

Acte 1

Estragon , un vagabond est assis par terre et se débat avec une chaussure trop étroite.
Survient,  Vladimir, un autre clochard . Il est très heureux de retrouver Estragon qu’il a quitté la veille. Les deux hommes se mettent à parler de chose et d’autre. Estragon est obnubilé par sa chaussure qui lui fait un mal horrible. Vladimir, lui, médite sur le suicide, la culpabilité, la repentance.  Ils attendent tous deux la venue
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Hernani

Pièce à télécharger ici ;)

Acte I Le roi

Le roi d’Espagne Don Carlos s’introduit la nuit dans la chambre de Dona Sol dont il est secrètement amoureux. Caché derrière une armoire, il assiste à la rencontre entre Dona Sol et Hernani, un banni. Hernani, fils d’un homme décapité sur ordre du père de Don Carlos, s’est promis de venger son père. Dona Sol aime Hernani mais on l’a fiancée à son oncle, Don Ruy Gomez de Silva.
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Lorenzaccio

Télécharger la pièce ici ;)
L’action se passe à Florence en janvier 1537. Depuis peu, la ville a signé la paix avec Charles Quint, empereur d’Allemagne. Ce dernier avec la complicité du pape, a remis le pouvoir entre les mains du duc Alexandre de Médicis, issu d’une des vieilles familles de la cité.
Le duc est jeune et mène une vie débauche. Il règne sur la ville par la terreur, ne tenant compte ni du peuple, ni des autres grandes familles de Florence. On le déteste, mais pas autant que son cousin, son âme damnée :
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