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vendredi 3 janvier 2014

Jean Racine

Racine est l'un des plus grands poètes européens de langue française. Mais Jean Racine n'est que l'un des vingt-cinq millions de sujets de Louis XIII et de Louis XIV. Le troisième centenaire de la mort de Jean sera l'occasion de scruter à nouveau le mystère de la poésie de Racine, et celui de sa transcendance par rapport au temps où elle est apparue et à l'homme qui, lui donnant son nom, n'a gardé pour lui que son prénom de baptême.
Peu d'auteurs donnent, comme Racine, un sentiment aussi évident d'incommensurable entre une vie d'homme et l'œuvre d'un poète. Jean Racine semble relever de la sociologie historique du "lettré", et Racine de la seule critique littéraire. Raymond Picard a pu écrire une savante et intelligente biographie de l'un, sous le titre La carrière de Jean Racine (1956) : elle ne cite les œuvres du poète qu'au titre d'événements dans la vie d'un sujet de Louis XIV qui fait "carrière" dans les Lettres.
Thierry Maulnier, dans un essai justement célèbre (1935) et Raymond Picard lui-même, dans les préfaces inspirées de son édition de la Pléiade, ont pu envisager l'œuvre dramatique du poète comme une monade parfaitement indépendante de Jean Racine, et même de son époque, trouvant tout son sens en dehors de son auteur et de ses circonstances historiques.
Les efforts d'autres critiques, tel René Jasinski, pour déchiffrer dans l'œuvre du poète l'historicité de l'homme, n'ont pas convaincu. Plus fructueuses ont été les recherches qui établissent les sources littéraires du poète, et l'arrière-fond contemporain de débats poétiques, rhétoriques, moraux et religieux sur lequel se détache l'extrême singularité de son œuvre dramatique. Il y a du M. Teste chez Racine, mais un M. Teste productif à volonté. On peut aussi voir Racine en Valéry du XVIIe siècle, dont il nous faudrait reconstituer difficilement les Cahiers d'après ses préfaces, sa correspondance, les notes en marge de ses livres, tous témoignages incomplets où le poète et l'intelligence qu'il avait de son art se laissent plutôt deviner que percer.
L'histoire du théâtre elle-même, voire celle de la dramaturgie classique, sont déconcertées par cette œuvre si singulière dans la production contemporaine qu'elle semble relever de ses seules lois internes. Même si l'on admet avec Raymond Picard que Jean Racine a choisi le théâtre parce que la scène, au début du règne de Louis XIV, lui offrait la meilleure voie pour faire fortune dans les Lettres, on est tenté aussi de croire, avec le même critique, que le choix de ce genre littéraire par le poète Racine, de préférence au lyrisme par exemple, s'explique par la possibilité que lui offrait le genre dramatique de construire une œuvre signifiant par elle-même pour l'acteur, pour le spectateur et pour le lecteur, et derrière laquelle son propre "moi", aussi bien l'empirique que le créateur, pouvait s'effacer totalement.
Rappelons en quelques mots la biographie de Jean Racine. Orphelin dès la petite enfance, Jean est recueilli et élevé par la branche maternelle de sa famille, de bonne bourgeoisie d'offices provinciale.Très liés au couvent et aux Solitaires de Port-Royal, ses tuteurs le confient, de 1649 à 1658, aux "Petites Écoles" de Port-Royal, où il reçoit à la fois une éducation religieuse sévère, et un enseignement d'humanités d'une qualité exceptionnelle, faisant une large part à la langue et à la poésie grecques.
Il achève ses études par une année de philosophie au Collège d'Harcourt. On songe pour lui à une carrière ecclésiastique, ce qui l'exile brièvement à Uzès, auprès d'un oncle chanoine. Mais déjà il s'est lié à La Fontaine (un parent assez proche), Perrault, Boileau, Molière : au désespoir de sa famille et de Port-Royal, il choisit la carrière d'homme de lettres. Il s'essaye avec succès dans la poésie lyrique officielle (l'Ode aux nymphes de la Seine, pour le mariage de Louis XIV en 1660), mais en 1664, il commence à s'imposer au théâtre : la troupe de Molière joue sa première tragédie : La Thébaïde, et l'année suivante la seconde, Alexandre, qui célèbre indirectement Louis XIV ; trahissant Molière au cours même des représentations, il emporte sa pièce et sa principale interprète à l'Hôtel de Bourgogne, qui monte un spectacle rival. Jean avait une liaison publique avec la vedette de la troupe de Molière, "Marquise" du Parc. C'est elle qu'il entraîne avec lui chez les comédiens du roi en 1665 et c'est elle qui triomphera à l'Hôtel de Bourgogne dans le rôle-titre d'Andromaque en 1668. Port-Royal condamne publiquement son ancien élève, traité avec tous ceux qui écrivent pour le théâtre d'"empoisonneur public". Il répond vivement et aigrement (1666-1667). Il s'essaye à la comédie en 1668 (Les Plaideurs).
Après la mort de la Du Parc la même année (Jean la pleure violemment, mais on l'accusera bientôt de l'avoir fait empoisonner), il devient l'un des amants de la Champmeslé, et c'est avec cette nouvelle étoile qu'il fait triompher, entre 1669 et 1677, une série de chefs-d'œuvre tragiques par lesquels il s'impose comme le seul dramaturge français de la nouvelle génération digne du Grand Corneille. Dès 1672, il avait rejoint celui-ci à l'Académie française. Il avait déjà obtenu du roi plusieurs gratifications. Après le succès de Phèdre, âprement gagné contre une cabale de grands seigneurs, le roi le nomme son historiographe. Il est désormais pourvu d'une confortable pension annuelle.
Il renonce au théâtre, se marie, renoue avec ses anciens maîtres de Port-Royal. Cela ne l'empêche pas de poursuivre une brillante carrière de courtisan dans l'entourage du même Louis XIV qui persécute Port-Royal. Protégé de Mme de Maintenon après l'avoir été de Mme de Montespan, il écrira, à la demande de l'épouse morganatique de Louis XIV, deux tragédies bibliques, Esther et Athalie qui seront jouées devant le roi et la Cour par les jeunes pensionnaires de Saint-Cyr, l'établissement d'éducation fondé par la presque-reine. A sa mort en 1699, il sera inhumé selon ses vœux à Port-Royal-des-Champs, au pied d'un de ses anciens maîtres des Petites Écoles, M. Hamon. Il laissait manuscrit un Abrégé de l'Histoire de Port-Royal, écrit apologétique destiné à défendre devant le roi persécuteur la cause des "saints" et des "saintes" du jansénisme, fidèles aux vraies doctrines chrétiennes.
Jean "arriviste" des Lettres, Jean traître à Molière et à Port-Royal, Jean libertin allant de maîtresse en maîtresse, Jean courtisan habile de Louis XIV, Jean époux et père de famille exemplaire, Jean citoyen de la République des Lettres et ami des meilleurs esprits de son temps, Jean réconcilié avec Port-Royal et courant quelques risques pour lui être fidèle : que de contradictions, successives ou simultanées ! L'œuvre dramatique elle-même n'est pas d'un seul tenant ni d'une même tenue. Les deux premières tragédies ont autant de faiblesses que de beautés. Les deux dernières, et surtout Athalie, semblent l'œuvre d'un nouveau Racine, inconnu du précédent, peut-être le plus grand (comme le pensait Voltaire), en tout cas presque incompatible avec l'autre. Sa seule comédie, Les Plaideurs, n'est pas mémorable. Même dans la série des chefs-d'œuvre absolus de la maturité poétique, Mithridate est un pastiche cornélien un peu trop virtuose.
Tout ce qui, dans la dramaturgie classique française, si rationnellement régulière, est fait pour gêner un poète, tout ce qui dans l'alexandrin français rend la musique presque impossible, sert Racine. Chez lui, les contraintes dramatiques dénudent le naturel des sentiments et des situations, et les "barreaux" de l'alexandrin deviennent "les cordes d'une lyre".
Chacun des chefs-d'œuvre de la période 1668-1677 est en tout cas un univers en soi, d'une extraordinaire autonomie. Quoi de commun, sinon l'art souverain, entre le monde euripidien d' Andromaque et d' Iphigénie, l'univers virgilien deBérénice, l'univers "persan" de Bajazet, et celui, crétois et pré-homérique, de Phèdre ? Racine, poète néo-alexandrin, est capable pour chacune de ses tragédies d'explorer un "universel de l'imaginaire" différent, où il condense invisiblement une érudition prodigieuse, répétant avec des accents inconnus ce qu'une longue tradition littéraire avait déjà dit et bien dit. Ce qui est inouï (et moderne), dans ces tragédies si concertées, ce qui dans leurs vers élève le français au rang de langue mallarméenne, c'est l'extraordinaire charge émotionnelle et lyrique qui passe, malgré le déjà vu et le déjà entendu des mots et des situations, malgré l'horlogerie de haute précision du drame. En ce sens, on peut rapprocher Racine et La Fontaine.
Ils ont inventé le lyrisme moderne, le lyrisme de la fragilité du cœur humain, et il jaillit chez ces deux poètes d'autant plus haut qu'il est contenu par l'art le plus conscient de soi, dans des genres essentiellement anti-lyriques, la fable et le dialogue dramatique. Chez les deux poètes, le chant filtre aussi d'une mémoire si ancienne qu'elle peut prêter aux désarrois les plus intimes l'amplitude d'une voix de toujours et de partout.

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jeudi 2 janvier 2014

René Descartes



Mais qui est donc René Descartes, l'homme au Cogito ergo sum, dont le nom est devenu synonyme de rigueur mathématique. Etre cartésien, nous dit le Petit Larousse, c'est être méthodique et rationnel. René Descartes est né le 31 mars 1596 dans un petit village de Tourraine, d'une famille de moyenne bourgeoisie (son père est conseiller au Parlement de Bretagne). Il ne connaitra jamais sa mère, décédée des suites de son accouchement. Lui-même sera handicapée toute sa vie par une santé fragile qui le conduira notamment à ne jamais se lever avant 11 heures du matin!
  A l'age de 8 ans, il entre au collège des jésuites de la Flèche, nouvellement fondé par Henri IV, où il reçoit une éducation stricte et solide. Son goût et son talent pour les choses mathématiques y sont déjà affirmés. Plus tard, il poursuit des études de droit à la faculté de Poitiers, études couronnées par l'obtention d'une licence. Il ne commence pour autant jamais de carrière juridique, mais s'engage plutôt, comme nombre de ses jeunes contemporains, dans une armée européenne, pour lui l'armée bavaroise. Descartes n'aura jamais à combattre, et profitera essentiellement de cet engagement pour voyager à travers l'Europe.
  Ce n'est qu'en 1628 que Descartes pose ses valises en Hollande, à l'écart des mondanités parisiennes. En 1633, il est prêt à publier le Monde, ouvrage qui décrit les structures physiques qui nous régissent. Il y défend notamment le fait que la terre tourne sur elle-même et autour du soleil, suivant en cela Copernic et Galilée. Mais ce dernier vient d'être condamné par l'Inquisition, et Descartes préfère être prudent.
  Son oeuvre la plus célèbre est Discours de la méthode pour conduire correctement la Raison et chercher la vérité dans les Sciences, qu'il publie en 1637 en français (alors que l'essentiel des ouvrages scientifiques ou philosophiques était alors encore rédigé en latin). Il s'y appuie sur les mathématiques, qui sont pour lui la seule chose certaine. Le Discours est accompagné de 3 essais, comme autant d'illustrations de la méthode :Dioptrique (optique géométrique et lois de la réfraction) - Météores (météorologie) - Géométrie. Ce dernier est de très loin le plus important des 3 essais : il y explique comment relier la géométrie et le calcul, et crée la géométrie analytique.
  A intervalles plus ou moins réguliers, il publiere d'autres ouvrages, dont les Principes de la philosophie en 1644. Comme la plupart des savants de son époque, il sera l'objet de contestations et de querelles de priorité, mais pourra toujours compter sur l'appui de son ami Mersenne à Paris.
  En septembre 1649, il répond à l'invitation de la reine Christine de Suède, qui souhaite apprendre la philosphie. Dans le froid de l'hiver scandinave, Descartes contracte une pneumonie. Il tombe malade, et décède le 11 février 1650.
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mercredi 1 janvier 2014

Nicolas Boileau-Despréaux



Nicolas Boileau-Despréaux est né le 1er novembre 1636 à Paris. Il est l'un des nombreux enfants de Gilles Boileau, greffier au Parlement de Paris. Dès son plus jeune âge, Nicolas est donc destiné au droit. Boileau est un enfant à la santé fragile, mais toutes les maladies qui le frappent ne suffisent pas à véritablement le retarder dans ses études. Il fréquente d'abord le collège d'Harcourt, avant de rejoindre celui de Beauvais. Là, il étudie le droit et développe une véritable passion pour les grands poètes antiques.
Le 4 septembre 1656, Boileau est admis au barreau. Mais la profession le dégoûte rapidement. Il finit par abandonner sa carrière d'avocat, au grand dam de sa famille et de son beau-frère, greffier, qui le prend dès lors pour un idiot.
Boileau étudie la théologie à la Sorbonne, mais une fois de plus, son entreprise n'est pas couronnée de succès. Pourtant, Nicolas s'est vu attribuer le bénéfice du prieuré de Saint-Paterne, ce qui implique notamment une rente de 800 livres. Mais il rend ce bénéfice lorsque son père décède en 1657.
Boileau se consacre à la littérature, d'autant que la scolastique ne l'intéresse pas. Puis s'ouvre la période des Satires, de 1660 à 1668. Dans ses Satires, Boileau s'attaque à des contemporains dont il méprise le mauvais goût, à l'image de Jean Chapelain, De Scudéry ou encore Philippe Quinault.
A l'inverse, Boileau admire beaucoup Molière, Racine et La Fontaine.
En 1665, il écrit Le Chapelin décoiffé, qui est une parodie du Cid.
Ses satires sont écrites en vers, et il y déploie des trésors de poésie. D'ailleurs, lorsque les sept premières paraissent en 1666, leur succès est important, bien que ses adversaires soient particulièrement remontés contre lui. Il en profite d'ailleurs pour répondre par une autre satire.
En tout cas, l'ensemble de ses Satires sont attaquées par l'abbé Cotin, qui lui reproche son manque de diplomatie et de tact, voire son sentiment de supériorité.

Dès 1669, le style de l'écrivain va évoluer sous l'influence du cercle de Lamoignon, en particulier.
De 1669 à 1695, Boileau va s'intéresser à la parution de ses Epîtres. Son style comme sa pensée sont alors bien plus matures et sereins qu'auparavant.
En 1674, il traduit Le traité du sublime et travaille son Art poétique inspiré d'Horace.
En 1677, l'écrivain reçoit une charge honorifique et lucrative d'historiographe du Roi.
En 1684, il est élu à l'Académie Française.

A cette période s'amplifie la Querelle des Anciens et des Modernes. Boileau prend position contre ces derniers, en particulier contre Charles Perrault, de 1687 à 1694. Nicolas défend avec ferveur ceux qu'il considère comme des modèles irremplaçables: les auteurs antiques.
Sa deuxième satire, « Contre les femmes » (1694) accuse ces dernières de soutenir les Modernes.
En 1694, Perrault et Boileau se réconcilient.
Boileau meurt à Paris le 13 mars 1711.

Apport littéraire de Boileau
Nicolas Boileau est l'un des principaux théoriciens de l'esthétique classique au XVIIe siècle. C'est pour cette raison qu'on le désigne encore comme « le législateur du Parnasse ».
Boileau a pris parti pour les Anciens dans la querelle opposée aux Modernes; mais il a surtout, en tant que penseur et écrivain, fixé dans son Art poétique (1674) des règles fondamentales d'écriture poétique classique.
Ainsi, cet ouvrage est un traité écrit en alexandrins classiques, qui comporte des règles et des conseils restés célèbres:

Avant donc que d'écrire, apprenez à penser (Chant I)
Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément. (Chant I)
Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. (Chant I)
Il n'est point de serpent ni de monstre odieux,
Qui par l'art imité ne puisse plaire aux yeux,
D'un pinceau délicat l'artifice agréable
Du plus affreux objet fait un objet aimable. (Chant III)

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Charles Perrault



Grand écrivain français, connu pour être à l'origine de la querelle des Anciens et des Modernes, est né en 1628. Il est le quatrième fils d'un parlementaire parisien. Sa famille était très bien vue sous le règne de Louis XIV. Après avoir fait des études littéraires brillantes au collège de Beauvais à Paris, il finit par obtenir une licence en droit et s'inscrit alors au barreau en 1651.
Il est ensuite longtemps contrôleur général des bâtiments du roi, ainsi que membre de la Commission des inscriptions publiques. C’est en 1671 qu’il est élu à l'Académie française.

Mais cet écrivain et conteur célèbre est principalement connu pour avoir contribué à relancer le genre littéraire des contes de fées. On lui connaît une œuvre très réputée et courte en même temps : Les fameux Contes de ma mère l'Oye ou Histoires et Contes du Temps Passé de 1697, ainsi qu’un recueil de huit contes merveilleux. Cet enthousiasme pour les contes permet à Charles Perrault de transmettre à travers ses mots l’univers légendaire et traditionnel des contes, en se réappropriant l'imaginaire médiéval, chevaleresque et courtois, ainsi que paraît-il des textes narratifs de la Renaissance italienne.

On lui connaît les contes les plus lus et racontés encore aujourd’hui. Il a repris non pas des contes adressés à des enfants, mais des contes appartenant à une littérature orale. Il a réécrit l’histoire du Petit Chaperon Rouge, de Cendrillon dans des versions beaucoup moins terribles que celles des légendes d’antan. Charles Perrault transforme le récit et l'adapte à la société de son temps, ajoutant des éléments de temps à autre. On citera aussi La Barbe Bleue, Le Petit Poucet, La Belle au bois dormant, etc. On peut aussi préciser que Charles Perrault est un auteur très sérieux qui a préféré sortir la première édition du recueil de contes sous le nom de son fils. Le succès des Contes de ma Mère l'Oye rend le reste de sa production littéraire moins connue.

On lui connaît pourtant une collaboration au genre parodique avec L'Enéide Burlesque en 1648 ; Les Murs de Troie ou l'Origine du burlesque en 1649), et au genre galant avec Dialogue de l'Amour et de l'Amitié en 1660 et Le Miroir ou la Métamorphose d'Orante en1660. On peut encore ajouter Le Siècle de Louis le Grand en 1687 ou bien encore Parallèle des Anciens et des Modernes entre 1688 et 1692.

Charles Perrault s’éteint au cours de l’an 1703.
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lundi 9 décembre 2013

Campanella


Né à Stilo en Calabre, Campanella entre dans l’ordre des Dominicains alors qu’il n’a pas 14 ans. Très vite, ses talents n’ont d’égal que l’indépendance de son tempérament. Sa vie est jalonnée de procès, à Naples, à Padoue, à Rome (où il est soupçonné d’hérésie en 1597) et de nouveau à Naples où il est incarcéré après l’échec d’un complot politique contre les autorités espagnoles : il avait tenté de soulever ses compatriotes contre la domination espagnole afin d’établir une forme d’utopie. Il échappe à la peine de mort en 1601 et passe 25 ans en prison avant d’être libéré en 1629 et d’être nommé maître en théologie par le pape Urbain VIII. Cependant, de nouvelles difficultés surgissent et il fuit l’Italie pour la France en 1634, il y est accueilli par Richelieu et Louis XIII.
Les écrits de Campanella sont denses et abordent tous les domaines du savoir de son époque : il avait le projet de réunir ses textes dans des œuvres complètes en dix volumes dont il conçut une impressionnante table des matières partant de la "philosophie rationnelle" pour s’achever par des "miscellanées". Son objectif était de "réformer toutes les sciences en conformité avec la Nature et l’Ecriture" afin de prendre en compte les découvertes géographiques et astronomiques : sa Philosophia sensibus demonstrata (1591) s’inscrit dans la lignée de Bernardino Telesio qui préconise d’atteindre la vérité par l’observation de la nature.
C’est en prison qu’il écrit sa vision de la république idéale, Città del Sole, en se référant à More et à Platon : la première version, en italien, est achevée en 1602 et ne sera publiée qu’en 1904. Une deuxième version est écrite en latin en 1613, elle est éditée en 1623 et rencontre un large public. La Cité du soleil prend la forme d’un dialogue entre le Grand Maître des Hospitaliers et un capitaine génois, ancien pilote de Christophe Colomb. Après une descente forcée à Taprobane (Ceylan), ce témoin découvre une ville constituée de sept zones circulaires concentriques portant le nom des sept planètes, fortifiées et comprenant en son centre une colline sur laquelle est construit un temple rond, l’âme de la cité. Le Métaphysicien Hoh règne en maître sur un triumvirat composé de Pon – la puissance en langage solaire, s’occupant de la défense et de la guerre –, de Sin – la sagesse, chargé de la science (les enfants apprennent en marchant, avant dix ans, grâce aux murs d’enceinte portant divers objets de connaissance) –, et de Mor – l’amour, qui travaille à l’amélioration de la race humaine en ayant recours à l’eugénisme. Quatre magistrats, Tempérance, Magnanimité, Justice, Activité, complètent cette hiérarchie et seuls ceux-ci peuvent être révoqués par le peuple. Cette société comporte peu de lois, n’a pas de prison, la confession y est de rigueur, les habitants portent les mêmes vêtements qu’ils changent quatre fois par an, ils mangent et dorment ensemble et vivent environ 200 ans. Le travail occupe quatre heures de la journée, l’agriculture est privilégiée, l’argent est méprisé, et ils croient tous en un dieu unique dont le soleil est l’image visible.
Conjuguant réalisme et mysticisme, cette cité du soleil invite à se "souvenir et à revenir vers le Seigneur" ; par les lois et la logique qui la régissent, elle n’est cependant pas à l’abri de dérives concentrationnaires qui transformeraient l’homme en son propre bourreau.
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mardi 19 novembre 2013

Bossuet (1627-1704)

Vie et œuvre de Bossuet (1627-1704)
Le seul genre d’éloquence qui se soit développé au XVIIe siècle est l’éloquence de la chaire, c’est-à-dire le sermon et l’oraison funèbre. Le sermon n’est pas un genre littéraire. Le prêtre qui parle du haut de la chaire chrétienne doit se proposer uniquement l’instruction et l’amendement de ses auditeurs. Mais, outre que la vanité humaine ne perd jamais ses droits, et que le prédicateur n’est pas forcé de manquer de talent ou même de génie, il faut bien admettre que l’art de persuader puisse augmenter l’efficacité du sermon.

Avant Bossuet, saint Vincent de Paul, le P. Lejeune, le P. Senault, le P. Claude de Lingendes, avaient déjà tenté d’introduire dans le sermon la simplicité et la dignité que les prédicateurs du XVIe siècle semblaient en avoir banni. Mais le véritable réformateur de l’éloquence sacrée fut Bossuet.
 

 
Jacques-Bénigne Bossuet est né à Dijon, le 27 septembre 1627, d’une famille « parlementaire ». Il fit ses éludes d’abord chez les Jésuites de sa ville natale, puis à Paris au collège de Navarre, et il se distingua de bonne heure à la fois par son intelligence et par sa puissance de travail. Ordonné prêtre en 1630, il alla résider à Metz, avec le titre d’archidiacre de Sarrebourg ; et jusqu’en 1659 il y prononça de nombreux sermons et panégyriques. Là aussi il commença à rédiger des ouvrages decontroverse, pour ramener à l’Église les nombreux protestants et Israélites qui habitaient la Lorraine. En 1659, il vient s’établir à Paris, et jusqu’en 1670, il y prêche des Avents et des Carêmes. En 1669, il avait été nommé évêque de Condom (Gers), mais il s’était démis de son évêché pour accepter la place de précepteur du Dauphin, fils de Louis XIV. Absorbé par ce préceptorat, Bossuet ne prêche plus que rarement ; mais il prononce plusieurs oraisons funèbres. En 1681, il devient évêque de Meaux. Il publie en 1688 l’Histoire des variations des églises protestantes et lesAvertissements aux protestants (1689-1691). De 1694 à 1699, son activité est presque entièrement absorbée par l’affaire du quiétisme. Il meurt le 12 avril 1704.
Il ne faut pas se représenter un Bossuet violent et hautain. C’était un homme simple, sans aucune vanité littéraire, n’ayant jamais écrit que pour agir, éloquent presque malgré lui, et par cela même le plus grand et le plus varié de nos orateurs.

Les Sermons de Bossuet

On peut distinguer quatre périodes dans la carrière de Bossuet prédicateur :

1) À Metz (1652-1658). Bossuet dans sa jeunesse exagère parfois soit le raisonnement scolastique, soit la véhémence du style. Ses maîtres sont alors Tertullien et saint Augustin. Mais déjà on peut citer des œuvres remarquables : le sermon sur La loi de Dieu (1653), lepanégyrique de saint Bernard (1655), celui de sainte Thérèse (1657), celui de saint Paul(prononcé à Paris, 1657).

2) À Paris (1658-1670). C’est l’époque des Carêmes et des Avents. Dans les paroisses et à la cour (au Louvre, puis à Versailles), un prédicateur était chargé de prêcher une série de sermons pendant l’Avent et pendant le Carême. On disait grand Carême quand il y avait trois sermons par semaine ; et petit Carême quand la prédication n’avait lieu que le dimanche.
En 1660. Carême des Minimes (église située place Royale, aujourd’hui place des Vosges) : on y remarque les sermons sur l’Honneur du monde et sur la Passion. En 1661, Carême des Carmélites du Faubourg Saint-Jacques (Val-de-Grâce). À signaler les sermons : sur la Parole de Dieu, sur la Haine de la vérité, sur la Passion. En 1662, Carême du Louvre, à la cour : sermons sur l’Impénitence finale, la Providencel’Ambition, la Mort, les Devoirs des rois. 1665 : Carême à Saint-Thomas du Louvre. 1665 : Avent du Louvre. 1666 Carême de Saint-Germain-en-Laye, à la cour : l’Honneur, la Justicel’Ambition. 1668 : Avent de Saint-Thomas du Louvre. 1669 : Avent de Saint-Germain-en-Laye, à la cour.
Cette période de douze ans est celle de la pleine maturité de Bossuet.

3) Pendant son préceptorat (1670-1680), Bossuet parle très rarement. Il faut, signaler seulement, en 1676, le sermon pour la profession de Mlle de la Vallière.

4) Devenu évêque de Meaux, Bossuet prend parfois la parole dans des occasions solennelles (sermon sur l’unité de l’Église, à l’ouverture de l’assemblée du clergé, 1681) ; mais il parle surtout familièrement dans sa cathédrale et dans les couvents de son diocèse.

L’éloquence de Bossuet dans les Sermons

Bossuet a exposé lui-même sa théorie de l’éloquence sacrée dans le Panégyrique de saint Paul et dans le Sermon sur la Parole de Dieu. Il s’élève à la fois contre les prétentions littéraires des orateurs et contre la curiosité des auditeurs. Le sermon prononcé dans une église, et au milieu d’une cérémonie religieuse, doit être simple, sincère, émouvant ; et les auditeurs doivent l’écouter avec respect et surtout avec le désir d’en profiter. Cette théorie tout évangélique semble vouloir bannir l’éloquence. Mais, comme le dit Pascal, « la véritable éloquence se moque de l’éloquence. » Celle de Bossuet, nourrie de la Bible, frappe d’abord par ce ton d’autorité qui est celui des prophètes et des Pères de l’Église. De plus, Bossuet est un moraliste profond et droit ; son expérience de confesseur l’a fait pénétrer dans le cœur humain, et ses sermons peuvent être étudiés comme un tableau saisissant de la société du XVIIe siècle. Mais surtout, Bossuet a une imagination puissante qui, venant s’ajouter à sa foi et à son érudition, fait de lui un véritable poète lyrique.

Les oraisons funèbres

Le mot oraison s’employait encore au XVIIe siècle dans le sens de discours ; on disait lesoraisons de Cicéron. Il faut donc bien distinguer cette expression, aujourd’hui archaïque, du mot oraison qui signifie prière.

Les oraisons funèbres de Bossuet sont : 1656, à Metz, Yolande de Monterhy, abbesse de Sainte-Marie de Metz ; 1658, à Metz, Henry de Gornay ; 1662, à Paris, le P. Bourgoing, supérieur général de l’Oratoire ; 1663, Nicolas Cornet, principal du collège de Navarre ; 1667, Anne d’Autriche (discours perdu) ; 1669, Henriette de France, reine d’Angleterre ; 1670, Henriette d’Angleterre, duchesse d’Orléans ; 1683, Marie-Thérèse, reine de France ; 1683, Anne de Gonzague, princesse palatine ; 1686, Michel Le Tellier, chancelier de France ; 1686, Mme du Blé d’Uxelles, abbesse de Faremoutiers (discours perdu) ; 1687, le Prince de Condé.
Sur ces douze oraisons funèbres, six ont été imprimées du vivant de Bossuet, et par ordre du roi.

Bossuet n’aborde pas sans crainte ce genre qu’il jugeait dangereux. Dans l’oraison funèbre du P. Bourgoing, il « plaint les prédicateurs qui font les panégyriques funèbres des princes et des grands du monde… On y marche parmi les écueils… » Aussi, quand il n’a pu éviter d’accepter cette tâche difficile, a-t-il du moins essayé de rendre l’oraison funèbre digne des autels « devant lesquels il ne donne point de fausses louanges ». Il y a introduit deux éléments essentiels : l’histoire et le sermon.

a) L’histoire.
Bossué s’est toujours scrupuleusement documenté sur les personnages dont il axait à prononcer l’éloge funèbre : il connut d’ailleurs par lui-même Henriette d’Angleterre, Marie-Thérèse, Le Tellier, Condé ; sur les autres, il se fait donner des mémoires et des lettres. Bossuet profite du rôle joué par ces princes, princesses, hommes d’État, etc., pour tracer un large et magistral tableau des événements au milieu desquels ils ont joué leur rôle : révolution d’Angleterre, Fronde, guerre de Pologne, guerres de Louis XIV, révocation de l’édit de Nantes, etc. Il trace des portraits : Cromwell, Mazarin, Turenne, etc. Mais il subordonne toute l’histoire à l’action de la Providence : et il ne s’interdit pas de faire des allusions, très vivement senties par les contemporains, à des fautes (Condé) ou à des faiblesses (Charles Ier).

b) Le sermon.
Chaque oraison funèbre peut être considérée comme un sermon, où le défunt sert d’exemple illustre. Aussi Bossuet a-t-il pu souvent insérer dans ses oraisons funèbres d’importants passages de ses sermons ; et surtout chacun de ses discours peut être considéré comme un sermon : ainsi l’éloge d’Henriette de France est un sermon sur la Providence et sur les devoirs des rois ; celui d’Henriette d’Angleterre, un sermon sur la Mort (la division correspond exactement au célèbre sermon de 1662) ; celui d’Anne de Gonzague, un sermon sur l’Impénitence finale, sur l’Endurcissement, sur la Providence, etc. ; celui de Marie-Thérèse, un sermon sur la Pureté ; celui de Condé, un sermon sur l’Ambition, sur l’Honneur du monde, etc. Bref, on ne perd jamais de vue, au milieu de la biographie et de l’histoire, le but principal de l’orateur qui veut et doit rester un prédicateur.
Le style des Oraisons funèbres est plus travaillé, plus achevé que celui des Sermons. Il est, en général, d’une gravité et d’une noblesse soutenues. Mais on aurait tort d’en oublier les pages simples et familières : ainsi, la deuxième partie de l’oraison d’Henriette de France, un grand nombre de passages de celle d’Anne de Gonzague, la troisième partie de celle de Condé.
Quelques-unes, comme celle de Marie-Thérèse, sont d’un ton qui rappelle les Méditations sur l’Évangile. Ainsi, dans ces œuvres d’apparat, et où Bossuet se sentait obligé à une certaine égalité de style, on trouve encore une étonnante variété.

Bossuet précepteur du Dauphin et historien

Si l’on veut savoir comment Bossuet a compris son rôle et ses devoirs de précepteur, il faut lire la lettre latine qu’il adressait, le 8 mars 1679, au pape Innocent XI. Le programme comprenait : l’étude de la religion par la lecture commentée de l’Écriture sainte et l’histoire de l’Église ; celle du latin : grammaire, exercices, lectures d’auteurs, entre autres Virgile, Térence, César, Cicéron (remarquons ici que Bossuet ne lui fait pas lire les auteurs latins par parcelles, mais en entier, de suite) ; la géographie, où il l’ait une grande place à l’étude des mœurs ; l’histoire, et surtout celle de la France. Bossuet préparait lui-même chaque leçon d’histoire et l’exposait au Dauphin. Ajoutez à ces matières la philosophie, le droit romain, l’histoire naturelle, la physique et les mathématiques. Pour remplir ce vaste programme, Bossuet n’était pas seul. M. de Montausier, gouverneur du Dauphin, lui avait adjoint des collaborateurs : Huet et Fleury, pour les lettres et l’histoire, et Blondel pour les sciences. Mais, sauf pour les sciences (encore Bossuet étudia-t-il l’anatomie), Bossuet lit tout par lui-même, se remit à l’étude de la grammaire et des auteurs, rédigea des cours d’histoire qui témoignent pour le temps d’une sérieuse connaissance des sources, et se trouva en mesure, cette éducation finie, de publier le Discours sur l’Histoire universelle(1681). La Politique tirée de l’Écriture sainte, le Traité de la connaissance de Dieu et de soi-même qu’il avait également écrits pour le Dauphin, parurent après sa mort, eu 1709 et 1726. Le résultat de ces efforts fut, on le sait, presque négatif. Le Dauphin avait l’esprit lourd et apathique, et semble avoir peu profité des leçons d’un tel précepteur.

Le Discours sur l’histoire universelle (1681) n’est qu’une partie du vaste cours d’histoire écrit par Bossuet pour le Dauphin : la suite, annoncée dans la lettre à Innocent XI, et qui devait aller de Charlemagne au XVIIe siècle, n’a pas été rédigée : nous n’en possédons que des notes. Ce Discours latin: discursus, exposé méthodique et suivi, sans aucun sens oratoire, embrasse les temps qui se sont écoulés, depuis la Création jusqu’à Charlemagne. Une première partie, intitulée les Époques et divisée en douze chapitres, est un résumé chronologique et synchronique des principaux événements ; dans une deuxième, intituléela Suite de la religion, Bossuet expose comment, depuis Moïse, la religion chrétienne est préparée, et comment tout, dans l’ancienne loi comme dans la nouvelle, aboutit par une suite ininterrompue au triomphe de l’Église ; dans la troisième partie, les Empires, Bossuet étudie l’action de la Providence sur les grands empire de l’antiquité, et comment, absorbés l’un par l’autre, ces empires forment sous le joug des Romains, l’unité nécessaire à la diffusion de l’Évangile. Bossuet Historien reste toujours, ne l’oublions pas, théologien et éducateur : il le proclame lui-même au début et à la fin de son Discours. Mais cette réserve faite, on ne peut nier la solidité de sa documentation, la puissance et la largeur de ses vues, la sûreté avec laquelle il a analysé la Bible, et caractérisé le peuple romain. Nous ne concevons plus l’histoire traitée de la sorte ; mais nous devons rendre hommage à la loyauté et à la profondeur de Bossuet, qui, philosophe de l’histoire, doit être regardé, malgré la différence des moyens et du but, comme le véritable précurseur de Montesquieu.

Autres ouvrages de Bossuet

Parmi les œuvres de controverse, il faut signaler un des chefs-d’œuvre de Bossuet : l’Histoire des variations des églises protestantes (1688). Cet ouvrage, documenté avec autant d’érudition que de conscience, avait pour but de ramener à l’Église catholique les différentes sectes protestantes, en leur prouvant que l’Église seule avait conservé son unité et la véritable tradition. On peut y remarquer les portraits de Luther, de Zwingle, de Mélanchton, d’Henri VIII, de Calvin. Dans la même catégorie on peut ranger les Maximes et réflexions sur la comédie (1694), véhémente condamnation, au nom de la morale chrétienne, des œuvres de théâtre.

Bossuet nous a laissé encore les Méditations sur l’Évangile et les Élévations sur les mystères, ouvrages écrits pour les religieuses de la Visitation de Meaux, et qui ne furent publiés que plus de vingt ans après sa mort. Enfin, il reste de lui une vaste correspondance des plus précieuses pour la connaissance de l’homme et du directeur de conscience.

Style de Bossuet

Bossuet devait l’énergie et la force de son style à la pratique quotidienne de l’Écriture sainte et des Pères. Mais combien d’autres, à la même époque, ont fait les mêmes lectures, se sont nourris de la même moelle, et ne donnent, en aucune façon, l’impression du style de Bossuet. Toutes les définitions sont donc presque superflues : elles confondent Bossuet avec ses contemporains, loin de le distinguer. Ce que l’on peut dire de moins vague, quand on cherche à caractériser ce style, c’est qu’il satisfait pleinement ce besoin de propriété qui est notre première exigence, et qu’il est toujours, par conséquent, aussi naturel que varié ; c’est encore qu’il est à la fois, dans le sens le plus profond du mot, celui d’un orateur et d’un poète. Son vocabulaire est des plus riches ; sa syntaxe suit le mouvement de la pensée ; ses figures n’ont jamais l’air d’être plaquées ou ajoutées, mais sortent du fond même de son sujet. À Bossuet, enfin, plus qu’à personne, s’applique la définition du style donnée par Buffon : « Bien penser, bien sentir, et bien rendre. »

[Source : Charles-Marc Des Granges, Les Grands écrivains français des origines à nos jours, Librairie Hatier, 1900]
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Blaise Pascal


Blaise Pascal est né le 19 juin 1623 à Clermont-Ferrand.
A l'âge de 3 ans, le garçon perd sa mère. Il a deux sœurs, et son père est un juge de la petite noblesse, homme par ailleurs passionné de mathématiques et de sciences.
En 1631, la famille déménage à Paris. Son père Etienne éduque lui-même Pascal, chez qui il décèle de grandes capacités intellectuelles. A cette époque, il fréquente régulièrement Descartes.
A 11 ans, Blaise Pascal écrit un Traité des sons. Il aurait aussi démontré une proposition du 1er livre d'Euclide, suite à quoi son père lui interdit les mathématiques jusqu'à 15 ans, afin qu'il apprenne le latin et le grec.
En 1635, Pascal travaille seul sa géométrie et écrira quatre ans plus tard Essai sur les coniques.
En 1638, Etienne doit quitter Paris suite à sa révolte fiscale, puis obtient une grâce et la famille Pascal s'installe à Rouen en 1639.
En 1641, Pascal construit une machine à calculer, la Pascaline.
Les années suivantes sont celles de sa conversion religieuse, influencée par le jansénisme et la maladie. Suite à une chute, Etienne est soigné par des médecins jansénistes qui vont convaincre le jeune Blaise ; c'est sa « première conversion ». Puis, des maladies se succèdent et le rongent, affectant son système nerveux et le perturbant profondément. Blaise Pascal se réfugie dans sa « période mondaine » de 1648 à 1654. Il expérimente le vide, la pression atmosphérique, les réactions des liquides...
En 1651, son père décède et sa sœur intègre l'abbaye de Port-Royal. Il la prive d'une part d'héritage. Ainsi, Pascal est un homme riche, et vit dans une demeure en conséquence. Il fréquente les femmes et les cercles mondains. Il n'a pas d'attirance, alors, pour la religion ; mais un accident en 1654 le terrifie et il a une intense vision religieuse. Dès lors, après avoir été considéré comme un libertin, il se convertit définitivement. Immédiatement, il se met à travailler sur Les Provinciales.
Mais Blaise a aussi inventé le haquet et il est à l'origine de l'invention de la presse hydraulique.
Dans ses dernières années, Pascal voit sa santé se dégrader fortement. Il rejette les médecins car « la maladie est l'état naturel du chrétien ».
En 1659, sa santé atteint un point critique.
En 1661, Louis XIV interdit le jansénisme de Port-Royal : Pascal répond par Ecrit sur la signature du formulaire.
Ses connaissances en hydrostatique l'amènent à participer à l'assèchement des marais poitevins. De même, il se penche sur la question de la première ligne de « transports en commun » à Paris.
En 1662, Pascal est bien conscient qu'il n'a plus beaucoup de chances de survivre. Les médecins le déclarent intransportable.
Le 17 août 1662, suite à des convulsions, il reçoit l'extrême onction et meurt deux jours plus tard.
Œuvre de Pascal
Il est difficile de résumer l'ensemble de l'héritage laissé par Pascal, ne serait-ce que parce qu'en plus d'être écrivain, il était surdoué en mathématiques (auxquels il a énormément apporté), en sciences physiques et en ingénierie. Néanmoins, on peut relever des ouvrages marquants dans sa bibliographie :
• Essai pour les coniques (1642)
• Expériences nouvelles touchant le vide (1647)
• Récit de la grande expérience de l'équilibre des liqueurs (1648)
• Traité du triangle arithmétique (1654)
• La Règle des partis (1654)
• Les Provinciales (Correspondances 1656-1657)
• Élément de géométrie (1657)
• De l'Esprit géométrique et de l'Art de persuader (1657)
• Histoire de la roulette (1658)
• L'Art de persuader (1660)
• Pensées (1670, posthume)
Notons que parmi ses citations les plus célèbres, on trouve celle-ci, qui n'est pas sans rappeler une certaine pièce de Jean Giono... :
« Un roi sans divertissement est un homme plein de misères. » (Pensées)
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François De La Rochefoucauld



Biographie de François De La Rochefoucauld
(1616-1680)
Ecrivain français

Né à Paris le 15 septembre 1613, fils aîné du Duc de La Rochefoucauld qui servit comme ministre sous Louis XIII. Le petit François reçut une éducation sommaire dans son enfance, l'éducation que l'héritier d'une grande maison nobiliaire recevait, le destinant à une vie militaire avant qu'un jour il n'héritât du titre familial, et à se marier le plus vite possible afin d'assurer la continuité de la succession. A dix ans, le prince de Marcillac (titre que portait l'héritier familial) fut donc envoyé à l'armée et participa au siège de Cassel à l'âge de seize ans. De même, il épousa Andrée de Vivonne, qui était encore plus jeune que lui, avant d'avoir quinze ans. Huit enfants naîtront de cette union, jusqu'à la mort d'Andrée, en 1670.

Sa carrière militaire le mène en Italie, aux Pays-Bas, et en Flandre. Partisan de Marie de Médicis, il fit partie d'une conspiration contre Richelieu, fut emprisonné à la Bastille pendant quelques jours par ce dernier et obligé de s'exiler de 1639 à 1642 à Verteuil, avant de revenir en grâce à la Cour et de retourner à sa carrière militaire. Marcillac se blessa sérieusement plus tard durant le siège de Mardyck en 1646.

La mort de Richelieu en 1642, ainsi que celle de Louis XIII, n'apporta pas l'amélioration significative de son état qu'il espérait. A trente-trois ans, il commence une longue liaison avec la duchesse de Longueville.  Sa liaison avec Anne de Bourbon, duchesse de Longueville et soeur du Grand Condé, ainsi que sa propre détestation de Mazarin l'amenèrent logiquement dans les rangs de la Fronde. Son propre récit des multiples péripéties de la mutinerie des nobles peut être lu dans ses « Mémoires » (1662). L'histoire finit mal. Après l'amnistie en 1653, devenu Duc de La Rochefoucauld après la mort de son père en 1650, il se retrouva ruiné à quarante ans, la santé précaire et trahi par la femme qu'il aimait. Il en tirera la conclusion que la gloire militaire est une imposture, la vie politique une jungle de carriéristes, la religion une hypocrisie ou un échappatoire et l'amour une tromperie. Vivant en semi retraite dans sa campagne pendant les années suivantes, il rédigea ses « Mémoires », qui est certes une oeuvre de justification de ses actes pendant la Fronde, mais également un ouvrage très précieux sur une des périodes les plus violentes et des plus confuses de l'histoire de la France.

En 1656, il revint à Paris et devint rapidement un membre régulier du cercle du salon de Mme de Sablé, avec Mme de Sévigné ou Mme de la Fayette, traitant de sujets aussi variés que la psychologie, la littérature ou même la linguistique. C'est à cette époque que La Rochefoucauld se découvre une nouvelle vocation, celle d'observateur de la nature humaine, un témoin tranquille de la comédie et de la tragédie humaine. L'un des jeux préférés de ceux qui fréquentèrent ces salons était les portraits moraux de personnes connues, qui circuleront ensuite dans les différents cercles. Un recueil de ces portraits sera publié en 1659, parmi lesquels l'autoportrait de La Rochefoucauld qui est présenté en introduction des « Maximes ». Un autre genre d'exercice favori de l'époque était la sentence ou maxime. Il s'agissait d'exprimer des vérités sur la nature humaine dans la forme la plus vraie et la plus claire possible tout en utilisant un minimum de mots arrangés de la manière la plus frappante et la plus mémorable. Les « Réflexions ou sentences et maximes morales » ou « Maximes » (1665) furent le résultat de six ou sept ans de cet exercice, expression d'une noblesse désillusionnée, poussé dans des combats ridicules et désireuse de retrouver leur influence perdue dans l'Etat.

Les « Maximes » ont placé La Rochefoucauld parmi les grands penseurs de son époque. Les qualités littéraires des « Maximes » ne sont pas moindres, et la composition et l'arrangement des mots dans ce chef d'oeuvre, sont incomparables. Thomas Hardy, Nietzsche, Stendhal ou Gide se réclameront comme ayant été influencés par cette oeuvre.

Bien qu'il n'ait publié que « Mémoires » et « Maximes », La Rochefoucauld écrivit énormément. Il rédigea plus de 150 lettres et 19 textes courts connus sous le titre de « Réflexions diverses », et s'y ajoutent les traités et les conventions qu'il a rédigés en tout ou partie. Deux ans après la dernière édition de son vivant des « Maximes », il décéda à Paris le 17 mars 1680.
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lundi 18 novembre 2013

Pierre Corneille

Grand dramaturge français du XVIIe siècle, Pierre Corneille s’est démarqué de ses contemporains par une œuvre théâtrale riche et particulièrement moderne. D’abord fortement inspiré par la comédie, il glissera peu à peu dans la tragédie, toujours avec talent, grandeur, liberté et générosité.

Vers une carrière d’avocat


Pierre Corneille voit le jour le 6 juin 1606 au sein d’une noble famille. Aîné de six enfants, il suit ses études au Collège des Jésuites de Rouen. Brillant élève, il se passionne pour l’art de la rhétorique et les thèmes antiques. Il obtient son diplôme sans difficulté et peut désormais rejoindre le barreau sur les traces de son père et de son grand-père. Toutefois, le métier ne le comble pas. Sa timidité excessive ne lui permet pas de plaider librement. Il s’en détourne donc quelque peu pour se consacrer à la poésie et à l’écriture. Il supportera toutefois sa charge jusqu’en 1651.


Ses premières pièces, nouvelle comédie


 Corneille rédige sa première œuvre dramatique, qu’il intitule Mélite, en 1629. Jouée au théâtre du Marais (Paris) l’année suivante, cette comédie marque le début d’une longue et productive carrière de dramaturge. Il s’inspire des événements de sa vie et des personnages qui l’entourent pour présenter des mises en scène profondes, réalistes et sentimentales. Il apporte ainsi un nouveau souffle à la comédie et ne cesse d’en produire. Sans se détacher de son genre favori, il écrit également des tragi-comédies telles que Clitandre (1631) ou Médée (1635). 

En 1636, il jongle avec les genres dramatiques dans l’Illusion comique
. Comme l’indique le titre de la pièce, Corneille met en scène des faux-semblants et perd le spectateur dans des rebondissements incessants et passionnants. Il marquera ainsi le théâtre par cette œuvre moderne et novatrice où il est inutile d’user du grossier pour provoquer le rire.

Le mécénat de Richelieu



Le succès de Corneille enfle de plus en plus dans la capitale française. Le Cardinal de Richelieu est particulièrement charmé par le talent de l’artiste et le prend sous son aile. Il lui offre alors une pension pour rejoindre le groupe de Boisrobert, L’Estoile, Rotrou et Colletet. Réunis sous cette protection, les dramaturges ont pour mission de réaliser des pièces tragiques et comiques, inspirées par leur mécène. 

Le Cid, début d’une querelle littéraire



En 1637, Corneille présente le Cid, œuvre majeure de sa carrière et dont le succès retentit dans toute la France. Cette tragi-comédie met en scène un amour tumultueux, jalonné de duels meurtriers et de conflits familiaux, où les thèmes de l’honneur et du pouvoir royal prédominent.
 Le succès ne se lève jamais seul. Corneille doit rapidement faire face aux jalousies de ses contemporains, qui estiment que l’œuvre ne respecte pas les règles théâtrales classiques. Richelieu, avec lequel Corneille avait rompu toute relation, presse l’Académie française de prendre part au débat. Il en résulte que cette dernière admet les discordances de la pièce. Avide de liberté, Corneille ne semble pas particulièrement affecté par les événements. Il épouse en 1640 Marie de Lempérière, avec laquelle il aura six enfants.

Les grandes tragédies


À partir de cette époque, Corneille met de côté ses traditionnelles comédies pour écrire de nombreuses tragédies. Il s’inspire des histoires de la Rome antique racontées dans sa jeunesse pour écrire Horace (1640), Cinna ou la Clémence d’Auguste (1641), Polyeucte ou encore la Mort de Pompée (1643). Indifférent face aux critiques, il ne respecte pas toujours les règles classiques. Il rencontre alors un grand succès, encore renforcé par la comédie le Menteur (1643) ou la tragédie Rodogune (1644). Il se plaît à mettre en scène des personnages d’une grandeur d’âme remarquable, confrontés à leur passion ou à des choix délicats. Toutes ses représentations lui valent d’être nommé à l’Académie française dès 1648.  

Exclusion et rivalités



Au début des années 1650, Corneille rencontre ses premiers échecs. Sa comédie intituléeNicomède (1651) lui vaut quelques déboires politiques car elle est accusée de soutenir Louis II de Condé. S’ajoute à cet événement un véritable échec lors de la représentation de Pertharite(1652). Quelque peu affecté par le manque d’enthousiasme suscité par sa pièce, il abandonne le théâtre pendant quelques années. Les Jésuites lui commande une traduction en vers de l’Imitation de Jésus, à laquelle il s’attelle immédiatement.

 Parallèlement à cette activité, il publie des Discours et des Examens pour compléter son œuvre d’une réflexion poussée. Son retour dans le monde du théâtre est particulièrement difficile. Durant son absence, le jeune Racine s’est implanté dans le milieu et est parvenu à gagner la faveur du public parisien. Les dernières œuvres de Corneille sombrent quasiment dans l’indifférence et il décide d’abandonner définitivement la dramaturgie en 1974.


Corneille s’éteint à Paris le 1er octobre 1684 dans la pauvreté et l’oubli. Il s’est  malgré tout inscrit dans son art par la grandeur des thèmes qu’il traite, par le réalisme des personnages qu’il met en scène et par la simplicité et la rigueur de son style poétique.
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dimanche 16 juin 2013

Jean-Baptiste Poquelin (Molièr



Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, a marqué l’histoire du théâtre et de la comédie française. Auteur le plus joué encore à l’heure d’aujourd’hui, Molière s’est distingué par des pièces qui mêlent le comique, le pathétique et la critique. Il faisait du rire une arme pour combattre les mœurs et les contraintes de son époque.

Sur le chemin de la gloire

Fils d’un tapissier, il renonce à reprendre l’affaire familiale qui le destinait à une vie bourgeoise et se tourne vers le théâtre. Il fonde en 1643 « l’Illustre Théâtre » et se fixe comme objectif de « faire rire les honnêtes gens ». Il rencontre cette année-là Madeleine Béjart dont il tombe amoureux.
La troupe connaît des débuts difficiles. Elle parcourt la province de 1646 à 1658. Durant cette période, il apprend le métier d’acteur et commence à écrire ses premières comédies (L’Étourdi et Le Dépit Amoureux). En 1658, il joue le Docteur Amoureux devant le roi Louis XIV et gagne sa protection. Le roi installe
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Jean de la Fontaine

 
 
Jean de la Fontaine est né à Chateau-Thierry le 8 juillet 1621.
En fait, il serait né le 7 ou le 8 juillet mais, étant de constitution fragile, il fut immédiatement baptisé. La date certaine est donc celle de son baptème, soit le 8 Juillet 1621.
Son père était maître des Eaux et Forêts et Capitaine des Chasses. Sa mère, née Françoise Pidoux, était originaire de Coulommiers dans le Poitou.
Jean étudia au collège de Château-Thierry jusqu’en troisième. Il y apprit surtout le latin, mais, soit par négligence, soit par paresse, ne s’intéressa pas au grec. Il le regrettera plus tard quand il aura besoin de certains textes anciens dont il ne pourra lire que les traductions latines.
En 1641, il entre à l’Oratoire, rue St Honoré, à Paris. Mais la vie monacale ne l’intéresse pas plus que le travail scolaire. Dans cette école, il apprécie surtout le calme et la tranquillité qui lui permettent de s’adonner à la lecture, son passe-temps favori. Malheureusement pour ses maîtres, ses lectures n’étaient pas celles prônées par l’Oratoire. Il quitte cet établissement 18 mois plus tard.
Il se remet alors à ses études de droit et décroche, en 1649, un diplôme d’avocat au parlement de Paris. Entre temps, en 1647, son père le marie à Marie Héricart, alors âgée de 14 ans (1647). Mais ce mariage de complaisance n’est pas un mariage heureux. Et malgré la naissance d’une enfant, Charles, en 1653, La Fontaine ne fut jamais ni un bon mari, ni un bon père.
En 1652, La Fontaine reprend la charge paternelle de Maître des Eaux et Forêts. Il tente du mieux qu’il peut d’exercer cette lourde tâche. On retrouve sa signature jusqu’en 1671 sur certains écrits du canton de Château-Thierry. En 1672, il vend l’intégralité de cette charge.
Lorsque le travail lui en laisse le temps, il monte à Paris rencontrer ses amis. Là, il se mêle aux sociétés précieuses et surtout libertines de l’époque. Il y rencontre Maucroix son ami d’enfance, Furetière, les frères Tallemant, Antoine de la Sablière. Sa vocation poétique s’éveille de plus en plus. Il passe de longues heures à lire Malherbe mais admire aussi les écrits de Benserade et Voiture, Rabelais et Boccace. Il traduit l’Eunuque de Térence (1654), compose une comédie Clymène vers 1659, et un poème: Adonis qu’il offrit à Nicolas Fouquet, alors surintendant des finances.
Il entre à cette époque au service de Fouquet. Il lui dédie «le Songe de Vaux», ainsi qu’une trentaine de poèmes prévus par contrat. Au moment de la chute de Fouquet, La Fontaine reste son plus fidèle défenseur. Il écrit à cette occasion «l’ode au roi» et surtout l’admirable «Élégie aux nymphes de Vaux». Cette fidélité à Fouquet lui valut rapidement la haine de Colbert, puis celle de Louis XIV lui-même.
Peu après, il se lie intimement avec Molière, Boileau et Racine et écrit «les amours de Psyché et Cupidon», charmant roman en prose entremêlé de vers(1669). Après Fouquet, il fut le protégé de la Duchesse de Bouillon et de la Duchesse d’Orléans. En 1673, c’est Madame de la Sablière qui le recueille et après la mort de celle-ci en 1693, Madame Hervart.
En 1684, il est élu, non sans mal à l’Académie, au fauteuil de Colbert. Il est un excellent académicien, régulièrement présent aux séances. Dans la Querelle des Anciens et des Modernes, il se range résolument dans le clan des anciens qu’il défend avec acharnement. A l’Académie, il retrouve Boileau, Perrault, Furetière.
La vieillesse et la maladie amenèrent sa conversion (1692). Il est obligé de renier ses écrits licencieux. Il meurt en 1695.
Outre les contes, et surtout les fables qui constituent toute sa gloire, La Fontaine s’est essayé dans tous les genres. Il faut citer Philémon et Baucis en 1685, et particulièrement les épîtres dans lesquelles il excelle: «épître à Huet», «Discours à Madame de la Sablière».
Il a laissé une énorme correspondance, notamment des lettres à Madame de La Fontaine (1663) écrites lors de son exil volontaire dans le Limousin, mais aussi une importante série de lettres à son oncle Jannard et à son ami Maucroix.
Ses contes sont divisés en cinq livres publiés en 1664, 1665, 1666, 1668, 1671, 1674 et 1682. Ecrits pour la Duchesse de Bouillon, ils empruntent leurs sujets à Boccace, à l’Arioste et aux nouvellistes italiens.
Ses fables, au nombre de 243 restent son chef d’oeuvre. Certains considèrent la Fontaine comme un copieur qui n’a rien inventé, mais il est certain que sans sa contribution, les noms d’Esope et de Phèdre, entre autres, n’auraient pas le retentissement qu’ils ont maintenant. La Fontaine s’est peut-être inspiré de ces fables anciennes, mais il les a considérablement améliorées et écrites dans une langue belle et simple. La fable n’est plus la sèche démonstration d’une morale. C’est un court récit à l’intrigue rapide et vive. La souplesse et le naturel du style sont en réalité le fruit d’un grand travail où le poète a manifesté sa parfaite maitrise de la langue et du vers.
Sensuel et aimant les chastes bergeries, volage et célébrant la fidélité, courtisan mais ayant le culte de l’amitié, sa vie est l’image même de la variété de son oeuvre, qui unit en une harmonie parfaite : l’art et le naturel.

Ses oeuvres

  • 1654 L’Eunuque et traduction d’une pièce de Térence
  • 1658 Epître à l’Abbesse de Mouzon – Adonis
  • 1659 Le Songe de Vaux
  • 1659 à 1661 26 pièces offertes à Fouquet
  • 1660 Les Rieurs du Beau Richard
  • 1661 Début probable de l’écriture des Fables
  • 1662 Elégie aux Nymphes de Vaux – Ode au Roi
  • 1663 Relation d’un Voyage de Paris en Limousin
  • 1664 Parution des deux premiers contes : Joconde, et Le cocu battu et content
  • 1665 Publication des Contes et Nouvelles en vers
  • 1666 Contes et Nouvelles en vers (deuxième partie)
  • 1667 3 contes : Les frères de Catalogne, l’Ermite et Mazet de Lamporechio
  • 1668 Fables choisies mises en vers
  • 1669 Les Amours de Psyché et Cupidon
  • 1670 Recueil de poésies chrétiennes et diverses
  • 1671 Contes et Nouvelles en vers (troisième partie)
  • 1673 Poème de la Captivité de Saint Malc
  • 1674 Daphné – Les Nouveaux contes
  • 1675 Le Florentin
  • 1678-1679 Publication du deuxième recueil de fables (livres VII à XI)
  • 1682 Poème du Quinquina, Belphégor, la Matronne d’Ephèse, Galaté
  • 1683 Le rendez-vous (pièce de théâtre perdue) – Achille
  • 1684 Discours à Madame de la Sablière – Le Renard, le Loup et le Cheval
  • 1685 Publication de 11 fables et 5 nouveaux contes
  • 1687 Epître à Huet
  • 1688 Le Milan, le Roi et le Chasseur
  • 1690 Les Compagnons d’Ulysse
  • 1691 Astrée – Les Deux Chèvres – Le Thésauriseur et le Singe
  • 1692 la Ligue des rats
  • 1693 Livre XII des Fables
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