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vendredi 3 janvier 2014

François-René de Chateaubriand (1768-1848)

"Je me suis rencontré entre deux siècles, comme au confluent de deux fleuves ; j'ai plongé dans leurs eaux troublées, m'éloignant à regret du vieux rivage où je suis né, nageant avec espérance vers une rive inconnue" (Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe)


Né le 4 septembre 1768 à Saint-Malo, Chateaubriand passe son adolescence au château de Combourg avec son frère aîné et ses sœurs. Après des études à Dol, Rennes puis Dinan, il entre au régiment de Navarre (1786) avant d’être présenté à la Cour de Versailles (1787).
Réprouvant les premières agitations révolutionnaires, il entreprend un voyage en Amérique (1791-1792), où il découvre une République naissante qui influencera fortement sa conception du régime représentatif. De retour à Saint-Malo, il épouse Céleste Buisson de La Vigne (1792), qu’il abandonne aussitôt pour rejoindre l’armée des Princes, où il est blessé au siège de Thionville.
Émigré en Angleterre (1793-1800), il publie à Londres son premier ouvrage, l’Essai sur les révolutions anciennes et modernes (1797), et commence la rédaction du Génie du Christianisme (1802). Détaché de cet ouvrage, le petit roman Atala (1801) lui vaut son premier succès littéraire.
Il débute sa carrière politique en tant que secrétaire de légation à Rome (1803-1804), avant d’être nommé dans le Valais, poste qu’il ne rejoint pas : il donne sa démission quand il apprend l’exécution du duc d’Enghien (mars 1804). À l’été 1806, il entreprend son voyage en Orient, qui le mène jusqu’à la Terre Sainte et d’où il rapporte l’Itinéraire de Paris à Jérusalem(publié en 1811).
À son retour, il publie dans le Mercure de France (juillet 1807) un virulent article où il stigmatise le despotisme de l’Empereur. Contraint de s’éloigner de Paris, il achète la Vallée-aux-Loups. En 1814, il publie deux brochures politiques qui lui ouvrent à nouveau – brièvement – la carrière politique. Il suit Louis XVIII à Gand puis est nommé ministre et pair de France (1815).
Après la publication de la Monarchie selon la Charte (1816), où il condamne la dissolution de la Chambre dite « introuvable », il est destitué et contraint de vendre la Vallée-aux-Loups. Cofondateur du journal Le Conservateur, il y collabore de 1818 à 1820 et se fait un ardent défenseur de la liberté de la presse (1824).
Ambassadeur à Berlin (1821) puis à Londres (1822), il est ministre des Affaires étrangères en 1823-1824. En 1826, il signe un contrat avec Ladvocat pour l’édition de ses Œuvres complètes. Ambassadeur à Rome (1828-1829), il refuse de se rallier au nouveau régime après la chute de Charles X et se retire de la vie politique.
Il donne la première lecture publique des Mémoires d’outre-tombe chez Juliette Récamier, en 1834. L’ouvrage est publié après sa mort (4 juillet 1848), d’abord en feuilleton dans la Presse, puis en librairie (1849-1850).

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jeudi 2 janvier 2014

Karl Marx



Né à Trèves dans une famille d'origine juive convertie au protestantisme, Karl Marx étudie le droit, l'histoire et la philosophie. Il débute par une activité de journaliste dans la "Gazette rhénane". Il se trouve au carrefour de laphilosophie allemande (Hegel, Feuerbach), du socialisme utopique français (Saint-Simon, Fourier) et de l'économie politique britannique(Smith, Ricardo). Sa doctrine philosophique part de l'homme comme être agissant et non comme être pensant. Il critique la religion et l'Etat, qui sont des réalisations imaginaires, et substitue la conscience humaine à la conscience divine. 

Karl Marx développe une philosophie basée sur la lutte des classes (exploitants et exploités) qui est le moteur de l'histoire. Le matérialisme dialectique se caractérise par le primat de l'histoire (tout évolue), le progrès venant de contradictions résolues, l'action réciproque des choses les unes sur les autres, le progrès par bonds, par crises brusques et soudaines (révolutions). Le prolétariat doit s'organiser à l'échelle internationale afin de s'emparer du pouvoir et, après une période de transition (dictature du prolétariat), conduire à l'abolition des classes et la disparition de l'Etat (communisme). Karl Marx prédit la fin de la société actuelle où le capitalismese détruira lui-même, permettant ainsi l'avènement d'un état ouvrier. 

Passant de la théorie à la pratique, Karl Marx crée avec Friedrich Engels la Ligue des communistes en 1847 et rédige avec lui le "Manifeste du parti communiste". Après l'échec de la Révolution allemande en 1848, il s'exile à Londres où il mène en parallèle son activité militante (animation de la première "Internationale ouvrière") et la rédaction de son oeuvre majeure, "Le Capital", qu'il laisse inachevée. 

Karl Marx a vécu dans la pauvreté et a été soutenu financièrement par son ami Engels. Ses théories ont été reprises après sa mort sous une forme dogmatique, le marxisme, pour servir de fondement aux mouvements socialistes et ouvriers de la fin du XIXe et du début XXe siècle et de justification de leurs excès.

Principales oeuvres :

  • La critique de la philosophie du droit de Hegel (avec Engels, 1844)
  • Thèses sur Feuerbach (1845)
  • Idéologie allemande (avec Engels, 1846)
  • Misère de la philosophie (1847)
  • Manifeste du parti communiste (avec Engels, 1848)
  • Les Luttes de classes en France (1850)
  • Contribution à la critique de l'économie politique (1859)
  • Le Capital (1867-1894)
  • Guerre civile en France (1871)
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mardi 31 décembre 2013

Edgar Allan Poe



Edgar Allan Poe naît dans le Massachusetts en 1809. Il passe une enfance tumultueuse marquée par la disparition de ses parents. Il est adopté par un négociant de Richmond puis reçoit une éducation britannique dès 1815. Après une brève tentative pour rejoindre l'armée, il décide de se consacrer à l'écriture. Ses premiers poèmes ne remportant pas de succès particulier, il s'installe chez une tante, à Baltimore, dont il épouse la fille. Il occupe alors un poste de critique littéraire et commence à boire. Il publie en 1838 les Aventures d'Arthur Gordon Pym et les Histoires extraordinaires en 1839, considérées comme le succès de son oeuvre. Il rencontre de grandes difficultés pour s'intégrer en tant qu'écrivain à New York. Il publie toutefois le Corbeau (1845), poème le plus marquant de sa carrière. La mort de sa femme, en 1847, le plonge encore davantage dans l'alcoolisme, qui finira par le tuer en 1849. Ses oeuvres, traduites en France par Baudelaire, remportent un succès retentissant dans le pays et en influencent grandement la littérature.
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dimanche 29 décembre 2013

Jules Renard

Biographie de Jules Renard :

Sa jeunesse, "un grand silence roux", à Chitry-les-Mines (Nièvre), est malheureuse. Souffre-douleur, Jules Renard est le cadet de trois enfants et en garde un complexe d'infériorité. Il trouve son énergie dans la littérature, après avoir renoncé à l'Ecole Normale Supérieure. Après des années de misère, il se marie et produit des poèmes, des nouvelles et de petites pièces de théâtre et son célèbre "Poil de carotte". Il fréquente les cafés littéraires et collabore à de grands journaux parisiens.

Jules Renard puise son inspiration dans la campagne nivernaise où il essaie de séjourner le plus fréquemment possible. Ses portraits sont incisifs, ironiques et parfois cruels. Dans "Histoires Naturelles" (1896), il humanise les animaux et animalise les hommes. Il milita pour le pacifisme et l’anticléricalisme qui apparaît notamment dans La Bigote. Souvent irreligieux, il confie dans son journal : "J'ai l'esprit anticlérical et un cœur de moine".

Son journal (1897 à 1910, mais publié en 1925) est certainement son chef d'œuvre, fait d'introspection, d'ironie, d'humour et de nostalgie. C'est aussi une mine d'information sur la vie littéraire.

Jules Renard fut maire de Chitry en 1904 et membre de l'Académie Goncourt en 1907. Mort d'artériosclérose, il est enterré civilement.
Bibliographie : L'écornifleur (1892), Histoires Naturelles (1894), Poil de carotte (1894), Plaisir de rompre (théâtre, 1897), Pain de ménage (1898), Journal (1897-1910), Les bucoliques (1908), La Bigote (1909).
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vendredi 6 décembre 2013

André Gide



Très jeune, André Gide est confronté à la mort de son père. Il reçoit alors de sa mère une éducation catholique rigide dont il tentera de s'affranchir durant toute sa vie. Il écrits les Cahiers d'André Walter, ses premières proses en 1891, dédiées à sa cousine et épouse Madeleine. Il s'émancipe en Algérie où il rencontre Oscar Wilde. En quête d'une liberté humaniste, il publie les Nourritures terrestres en 1895. Il fonde avec Copeau et Schlumberger la Nouvelle Revue française dans laquelle il publie l'Immoraliste (1909). Ses aspirations se renforcent par d'autres réflexions sur la morale, qu'il expose dans  les Caves du Vatican et dans la Symphonie pastorale. Il présente également sa conception de l'oeuvre romanesque dans son roman les Faux-monnayeurs (1926). Son intérêt pour la cause humaine l'amène ensuite à voyager.  Il en résulte deux écrits engagés : Voyage au Congo(1927) et Retour d'URSS (1936). Il obtient le prix Nobel de littérature en 1947 puis s'éteint à Paris quelques années plus tard.
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vendredi 29 novembre 2013

Stéphane Mallarmé



Stéphane Mallarmé (Étienne de son vrai prénom) est né à Paris le 18 mars 1842 et mort à Valvins (commune de Vulaines-sur-Seine en Seine et Marne) le 9 septembre 1898, est un poète français.

Stéphane MALLARMÉ est né dans une famille aisée de hauts fonctionnaires de l'Enregistrement. destiné à l'administration, comme la plupart des membres de sa famille, il préféra devenir professeur d'anglais par passion pour l'écrivain Edgar Allan POE. En réalité il fut un professeur médiocre, peu pédagogue et mal noté par ses supérieurs, son unique centre d'intérêt étant, dès son plus jeune, âge la poésie.

La mort prématurée de sa mère et de sa sœur, dont il était très proche, marquèrent sa sensibilité.
D'abord influencé par Baudelaire et Poe, sa poésie devint progressivement de plus en plus hermétique. L'ambition de Mallarmé était de créer une œuvre expérimentale, une œuvre de poésie pure, libérée de la nécessité du sens. Au final son œuvre, modeste en volume, est constitué de quelques recueil de poème - dont "Un coup de dès jamais n'abolira le hasard" - mais c'est une œuvre dense. Son écriture qui joue avec les mots - dont le sens est souvent étymologique - égare volontairement le lecteur.

Ce personnage énigmatique - qui vivait comme un bourgeois frileux, mais dont l'œuvre était si déroutante - suscita l'admiration de ses pairs dès les années 1880. D'abord reconnu par Verlaine et Huysmans, il devint ensuite l'idole d'une nouvelle génération d'écrivains, celle de Paul Claudel, André Gide, Paul Valéry, Pierre Louys, Henri de Régnier, et beaucoup d'autres. Tous lui rendaient des visites régulières et formaient en quelque sorte une cour autour de celui qui fut proclamé "prince des poètes". Aujourd'hui il figure à l'égal de Baudelaire, Raimbaud et Verlaine au Panthéon des poètes du XIXème siècle.
 


   Son oeuvre

  • L'après-midi d'un faune, 1876
  • Préface au Vathek de William Beckford, 1876
  • Petite philologie, les mots anglais, 1877
  • Les Dieux antiques, 1880
  • Album de vers et de prose, 1887
  • Pages, 1891
  • Oxford, Cambridge, la musique et les lettres, 1895
  • Divagations, 1897
      Publications posthumes :
  • Poésies, 1899
  • Un coup de dés jamais n'abolira le hasard, 1914
  • Vers de circonstance, 1920
  • Igitur, 1925
  • Contes indiens, 1927
      Traductions :
  • Le corbeau d'Edgar Poe (The Raven), traduction française de Stéphane Mallarmé avec illustrations par Edouard Manet, Editions Richard Lesclide, Paris, 1875
  • L'étoile des fées de Mme W.C. Elphinstone Hope, 1891
  • Poèmes d'Edgar Poe, 1888
  • Le Ten o'clock de M. Whistler, 1888
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jeudi 21 novembre 2013

Jules Verne


Jules Verne, écrivain du XIXème siècle, est un pionnier des romans de science-fiction. Ses livres (De la Terre à la lune, Le tour du monde en 80 jours, Vingt-milles lieues sous les mers…) ont marqué ce genre littéraire et la littérature française en général. Verne vécut à l’époque de grand progrès  (l’électricité, le téléphone, le télégraphe, les chemins de fer et les machines à vapeur). Ce passionné de littérature et de découvertes scientifiques mêla habilement les deux pour nous emmener dans des Voyages extraordinaires, où l’impossible paraît possible. 

Une enfance paisible


Jules Verne naît à Nantes le 8 février 1828. Son père, Pierre Verne, est avoué et sa mère, Sophie Allotte de la Fuyë, est issue d’une famille d’armateurs nantais. C’est l’aîné d’une famille de cinq enfants (Paul, Anna, Mathilde et Marie). Destiné à embrasser comme son père une carrière juridique, il suit des études de droit à Nantes puis à Paris. Son goût pour la littérature le pousse à écrire quelques poèmes. 

Le début de sa passion pour l’écriture


Petit à petit l’envie de devenir écrivain se fait plus pressante. Il rencontre les Dumas père et fils. En 1850, avec leurs soutiens, il parvient à faire jouer sa comédie « Pailles rompues », qui connaît un certain succès. Il se lance dans un travail d’écriture, rédige des pièces de théâtre et des nouvelles, et abandonne définitivement le métier d’avoué. En 1852, il devient secrétaire du Théâtre Lyrique.

Sa vie de famille


En 1856, il fait la connaissance d’Honorine Meurel à Amiens. Il épouse cette jeune veuve et mère de deux filles l’année suivante. Ils auront ensuite un fils, Michel Verne en 1861. Jules Verne, afin de faire vivre sa famille, devient agent de change à la bourse de Paris.

Ses premiers succès


En 1859, il part avec son ami Aristide Hignard à la découverte l’Ecosse. En 1862, il rencontre un éditeur du nom de Hetzel. Il lui propose un manuscrit intitulé Voyage en l’air. Il sera publié un an plus tard sous le titre Cinq semaines en ballon, connaîtra un grand succès et sera le premier volume des Voyages  extraordinaires (qui en comptera 54 au total). C’est le début d’une longue collaboration et d’une longue amitié entre Verne et Hetzel. 

En 1863, Jules Verne rédige Paris au XXème siècle qu’Hetzel refusera de publier et Voyage au Centre de la Terre qui sortira un an plus tard. De la Terre à la Lune est édité en feuilleton dans Le Journal des Débats durant l’année 1865.

Un pied à Amiens, un pied sur son bateau


En 1867, il embarque avec son frère à bord d’un énorme paquebot à destination de l’Amérique. Cet amoureux de la mer acquiert en 1868 son premier bateau, baptisé le Saint Michel en hommage à son fils. Il sera ensuite remplacé par le Saint Michel II et III.

En 1871, il part s’installer à Amiens, la ville d’origine de sa femme. Il écrit cette année-là le Tour du monde en 80 jours qui sera publié l’année suivante. Cette œuvre reçoit les acclamations du public.

Jules Verne organise en avril 1877 un grand bal costumé sur le thème De la Terre à la Lune. Il donnera un deuxième bal en 1885.

De 1878 à 1883, Verne navigue sur les flots, allant d’Alger en Ecosse, puis en Norvège. Il fait en 1884 une grande croisière en Méditerranée avec son épouse Honorine.

Les coups du sort


1886 est une année sombre pour Jules Verne. Il est victime de la folie de son neveu qui lui tire dessus avec un revolver. Touché à la jambe, il boitera pour le reste de sa vie. Quelques jours plus tard, son éditeur Hetzel décède à Monaco. 

En 1888, Jules Verne devient conseiller municipal d’Amiens. Parallèlement à ces fonctions, il continue d’écrire. Il publie l’année suivante Famille Sans-Nom et Sans-dessus dessous. 

La santé de Jules Verne se fait de plus en plus fragile. A sa blessure à la jambe qui ne le laisse jamais en paix s’ajoute la cataracte et le diabète. Le 24 mars 1905, Jules Verne meurt suite à une crise de diabète. Près de 5 000 personnes assistent à ses funérailles au cimetière de la Madeleine à Amiens. Après sa mort, son fils Michel Verne publie plusieurs livres qu'il a parfois remaniés.


Une grande figure de la littérature française


Celui que beaucoup considèrent comme le père français de la science-fiction laisse derrière lui de très nombreuses œuvres. Jules Verne est parfois à tort considéré comme un romancier pour enfant ou un écrivain scientifique. Mais il était plus que ça. Romancier, vulgarisateur et un brin visionnaire, Jules Verne, en s’appuyant sur la science, avait le génie de rendre vraisemblable ce qui ne l’était pas.
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mercredi 20 novembre 2013

Adam Mickiewicz



Adam Mickiewicz, c'est avant tout un immense créateur, l'un des plus grands poètes romantiques européens, intellectuel (ses cours au Collège de France étonnent par la fraîcheur de leur point de vue). Il est célébré dans son pays natal comme le père spirituel de la littérature moderne polonaise, un rôle qu'il partage avec les autres 'bardes-prophètes', (wieszcz sing. wieszcze plu.), auprès de Zygmunt Krasinski, Juliusz Slowacki et Cyprian Kamil Norwid.
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Biographie de Prosper Mérimée :

Né à Paris dans une famille bourgeoise de peintres, Prosper Mérimée fait des études de droits et apprend plusieurs langues (grec, arabe, anglais, russe). Jeune homme cynique et libertin, il fréquente les salons littéraires de son époque.

Prosper Mérimée voyage beaucoup en France et en Europe. Il se lie d'amitié avec Stendhal et devient un ami de la famille de la future épouse de Napoléon III, Eugénie de Montijo. En 1834, Mérimée est nommé inspecteur général des Monuments historiques. Il entreprend la restauration de nombreux édifices (Pont du Gard, remparts d'Avignon, Cité de Carcassonne…) et commence à faire recenser les monuments français les plus remarquables.

Sur le plan littéraire, Prosper Mérimée est influencé par Walter Scott et Alexandre Pouchkine et aime le mysticisme, l'histoire et l'inhabituel. Ses récits, où il fait preuve de pittoresque sont pleins de mystère et se déroulent à l'étranger. Elu à l'Académie Française en 1844, il demeure toute sa vie très attaché au Second Empire.

Athée comme ses parents, Prosper Mérimée ne donne pas une place importante à l'anticléricalisme dans ses œuvres, mais il le distille souvent dans de courts passages. Parmi les sujets abordés, on peut trouver le comportement scélérat des prêtres, l'hypocrisie, la vénalité, la chasteté et le célibat imposés qui brisent la vie des hommes d'Eglise, les superstitions, la dévotion à la Vierge Marie… Parmi les pièces de théâtre de Mérimée, "Le Théâtre de Clara Gazul" qu'il présente comme ayant été écrit par une comédienne espagnole (Clara Gazul) est sans doute, avec "Le Carrosse du Saint Sacrement" et "Le Ciel et l'Enfer", la plus irrévérencieuse et la plus mécréante de ses œuvres
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lundi 18 novembre 2013

Sainte-Beuve



Charles-Augustin Sainte-Beuve

Écrivain (23/12/1804 - 13/10/1869)

Charles Augustin Sainte-Beuve s'illustre dans plusieurs disciplines littéraires. Il est tout d'abord journaliste au Globe en 1824 puis à la Revue des Deux Mondes. Il s'essaie à la poésie avec Les Consolations en 1830 et au roman avec Volupté en 1834. Après l'échec de ce dernier, il se consacre à la carrière de critique littéraire qui le rendra célèbre. Il publie entre autres Port-Royal (1840 à 1859), les Causeries du lundi (1863 à 1869). Dans ses critiques, Sainte-Beuve dresse une sociologie des auteurs qu'il regroupe en différentes "familles". L'oeuvre critique de Sainte-Beuve fera l'objet de controverse, il lui sera reproché plus tard d'avoir manqué de discernement quant au talent de ses contemporains.
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Jules François Elie Lemaître

Jules François Elie Lemaître naquit le 27 avril 1853 en la belle ville de Vennecy dans le Loiret. Fils d’instituteur, Jules Lemaître passa les premières années de sa vie à Tavers, près de Beaugency. A 10 ans, ses parents décident de l’envoyer au petit séminaire d’Orléans, alors dirigé par le Père Dupanloup. Quelques années plus tard, il se retrouvera au petit séminaire de Notre Dame des Champs à Paris, peu de temps avant que la guerre n’éclate.
Sur  la guerre de 1870, Jules Lemaître, infirmier à Beaugency, écrira ces quelques vers :
On se battait non loin de mon hameau natal.
Et, pendant ce temps-là… (j’étais trop jeune alors
Pour marcher à mon rang dans la sanglante fête
Et pour revendiquer ma part de la défaite),
Sous le toit paternel, je rêvais tristement.
Peu  de temps après la guerre, en 1872, il entre à l’Ecole Normale Supérieure et obtiendra également l’agrégation en lettres en 1875. Il est nommé en 1875 au lycée du Havre où il enseignera la rhétorique. Il commence aussi à donner des conférences sur différents domaines tels que la musique ou Pascal.
Après cinq ans d’enseignements passés au Havre, Jules Lemaître est nommé en 1880 à l’Ecole Supérieure de lettres d’Alger où il ne restera que peu de temps. En 1884, ayant déménagé sur Paris, il y retrouve d’anciens camarades de Normale. Puis il obtient une tribune hebdomadaire dans laRevue bleue, où il inaugure sa série d’études et de portraits littéraires (qui seront regroupés dans les huit volumes desContemporains; ensuite il écrira dans le Journal des Débats et dans le Temps, devenant rapidement le critique à la mode (neuf volumes d’Impressions de théâtre reprouperont les articles parus entre 1853 et 1914). Tous les salons le sollicitent. Il fréquente les cafés littéraires où il rencontre Anatole France, Barrès, Moréas…
Il devient alors l’amant de la « comtesse de Loynes », qui prendra dès lors sa carrière en main. C’est elle qui le poussa à l’Académie (où il entra en 1896, à 43 ans) et qui en fit un polémiste de droite et ainsi présider la Ligue de la Patrie Française. C’est elle aussi qui l’a poussé vers une carrière de dramaturge : sa première pièce, Révoltée (1889) est autobiographique ; puis viennent Le Député Leveau (1890), Le Mariage blanc (1891), Le Pardon (1895), La Bonne Hélène (1896), La Massière (1905), Le Mariage de Télémaque (1910)…
Il rejoint par la suite l’Action Française lors de l’année 1908 et, pendant quelques années, se fera le chantre privilégié de la pensée royaliste, notamment par ses incroyables discours en l’honneur du Roi.
Gourmand trop gâté par Mme de Loynes, Jules Lemaître fut peu à peu atteint d’artériosclérose. Cela le rendit même incapable de lire et, en été 1914, il dut aller se reposer à la campagne, à Tavers. Quelques semaines plus tard, il s’alitait, paralysé, presque aveugle. Il sentait la guerre menacer : «La guerre ! la guerre ! ah ! l’atroce chose, l’abominable chose ! Je l’ai vue en 1870. J’étais brancardier. Je soulevais des lambeaux de chair. Je n’ai pas encore chassé ces visions d’horreur, et voilà que je les reverrai encore ! Je ne veux pas être tranquille, si mon pays est en danger… Ah ! si seulement je pouvais donner ma vie pour la France ! Ce serait, du moins, une fin logique, car au fond, je n’ai vraiment aimé qu’elle.»
Il rendit son âme à Dieu le 5 Août 1914 à Tavers, où il est actuellement inhumé.
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dimanche 17 novembre 2013

Charles NODIER


Né à Besançon, le 29 avril 1780.
Poète, romancier, bibliophile, grammairien, il s’occupa aussi d'entomologie. À ses débuts dans les lettres, il publia après le 18 Brumaire une ode violente, la Napoléone, qui lui valut une incarcération de plusieurs mois à Sainte-Pélagie et dans diverses autres prisons ; il fut ensuite exilé à Besançon. Accusé de complot, il fut arrêté une seconde fois et, délivré par des paysans, il se cacha dans les montagnes du Jura. Rédacteur au Journal des Débats en 1814, il fut nommé conservateur à la Bibliothèque de l'Arsenal où son salon devint le centre d'une société littéraire et où il accueillit les premiers romantiques en 1823. Bien qu'il eût attaqué l'Académie en 1807 et à diverses occasions, il s'y présenta à plusieurs reprises ; battu en 1824, puis en 1833 par Thiers, il fut élu le 24 octobre 1833 en remplacement de Jean-Louis Laya et reçu par Jouy le 26 décembre 1833 ; il fit partie de la Commission du Dictionnaire, soutint Victor Hugo et vota pour lui ; il fut également un partisan de la candidature d'Alexandre Dumas père.
Mort le 27 janvier 1844.
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Philippe Van Tieghem (1839-1914)



Botaniste et biologiste français né à Bailleul (Nord, France), le 19/04/1839. Son père, négociant en toile, meurt de la fièvre jaune l'année de sa naissance. Sa mère meurt peu de temps après, laissant seuls six enfants. Il est élevé d'abord par son oncle et sa tante maternels, puis par ses soeurs, dans la petite ville de Bailleul où il fait ses études primaires et secondaires. 
1856 Obtient son baccalauréat. 
1856-1858 Prépare le concours de l'Ecole polytechnique et celui de l'Ecole normale supérieure. 
1858-1861 Elève de l'Ecole normale supérieure, il est remarqué par ses maîtres, J. Bertrand, H. Sainte-Claire Deville et L. Pasteur. 
1861-1864 Devenu agrégé de sciences physiques, il entre, comme agrégé préparateur, dans le laboratoire de L. Pasteur, à l'Ecole normale supérieure. Il y fait ses premiers travaux sur la fermentation ammoniacale. Ses recherches sur les champignons microscopiques l'amènent à mettre au point une microchambre humide, la cellule de Van Tieghem , qui lui permet de suivre au microscope le développement des spores de champignons filamenteux dans une goutte pendante de milieu de culture. Ses travaux mycologiques aboutissent à la description d'Aspergillus niger qui va servir de modèle aux recherches physiologiques de J. Raulin pour sa thèse de doctorat. 
1862 Epouse Hélène Sarchi, fille du financier, philosophe et essayiste Charles Sarchi. 
1862-1863 Professeur suppléant pour la physique et la mécanique au Lycée Napoléon (aujourd'hui Henri IV), Paris. 
1864 Soutient sa thèse de doctorat ès sciences physiques, Recherches sur la fermentation de l'urée et de l'acide hippurique . 
1864-1878 Maître de conférences de botanique à l'Ecole normale supérieure. 
1866 Après avoir orienté ses travaux vers la botanique, il soutient sa thèse de doctorat ès sciences naturelles sur l'anatomie des arroïdés. 
1871 Devient membre de la Société philomathique de Paris. 
1873-1876 Publie trois mémoires consacrés à ses recherches sur les mucorinées. 
1873-1886 Professeur à l'Ecole centrale des arts et manufactures, Paris. 
1873 Traduit de l'allemand et fait paraître le Traité de botanique, conforme à l'état présent de la science de J. von Sachs. 
1876 Elu membre de la section botanique de l'Académie des sciences, Paris. 
1878 Distingué chevalier de la Légion d'honneur. Promu officier en 1895 et commandeur en 1909. 
1878-1914 Professeur au Muséum d'histoire naturelle, Paris. 
1881 Nommé maître de conférences de botanique à l'Ecole normale supérieure de jeunes filles de Sèvres (Hauts-de-Seine). 
1884 Fait paraître un Traité de botanique , ouvrage rapidement traduit en plusieurs langues. 
1898 Fait paraître les Eléments de botanique . 
1899 Elu président de l'Académie des sciences. 
1899-1914 Professeur de biologie végétale à l'Institut agronomique, Paris. 
1905 Elu membre de l'Assemblée de l'Institut Pasteur, en même temps que D. Gernez, G. Picot et Joubert. Devient membre de l'Académie des Lynx (Rome). 
1908 Elu secrétaire perpétuel, pour les sciences physiques, de l'Académie des sciences. 
28/04/1914 Mort à Paris. 

Références biblio. : 
- Costantin (Julien), Van Tieghem, Larousse Mensuel , nø 89, 1914, p. 184. 
- s.a., Comptes rendus de l'Académie des sciences , Paris, séance du 04/05/1914 (Archives de l'Académie des sciences).
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mercredi 13 novembre 2013

Gaston BACHELARD


Philosophe (Francais)
Né le 27 juin 1884
Décédé le 16 octobre 1962 (à l'âge de 78 ans)


Gaston Bachelard, né à Bar-sur-Aube le 27 juin 1884 et mort à Paris le 16 octobre 1962, est un philosophe français des sciences et de la poésie.
La tombe de Gaston et Suzanne Bachelard à Bar-sur-Aube

Épistémologue reconnu, il est l'auteur d'une somme de réflexions liées à la connaissance et à la recherche scientifique. Il invente ce qu'il appelle la « psychanalyse de la connaissance objective », inspirée par les travaux de Jung, qui étudie les obstacles affectifs dans l'univers mental du scientifique et de l'étudiant, obstacles qui les empêchent de progresser dans la connaissance des phénomènes. Dans la Philosophie du non, il analyse des exemples tirés de la logique, de la physique ou encore de la chimie.

Bachelard renouvelle l'approche philosophique et littéraire de l'imagination, s'intéressant à des poètes et écrivains (entre autres Lautréamont, Edgar Poe, Novalis), au symbolisme ou encore à l'alchimie.

Il interroge alors les rapports entre la littérature et la science, c'est-à-dire entre l'imaginaire et la rationalité. Ils peuvent être conflictuels ou complémentaires. Une image au fort pouvoir affectif provoquera des illusions pour le scientifique (l'image du feu par exemple pourra obstruer la connaissance de l'électricité). Mais cette même image produira en littérature des effets inattendus et surchargés poétiquement : son pouvoir de fascination sera très important (chez novalis ou Hölderlin par exemple pour l'image du feu). La rêverie poétique « sympathise » intimement avec le réel, tandis que l'approche scientifique est « antipathique » : elle prend ses distances avec la charge affective du réel. L'imagination pourra cependant aider à la construction des modèles scientifiques.

Bachelard reçoit l'influence de trois principaux courants de pensée : l'idéalisme allemand, l'épistémologie française et la psychanalyse.

Bachelard reprend à Kant l'idée que la théorie est antérieure à l'expérience. La connaissance objective est ainsi un processus de rationalisation de l'expérience sensible. Mais il critique le caractère a priori (universellement valide) que Kant assigne aux catégories. Les théories sont majoritairement erronées et la science avance en se corrigeant continuellement.

Il reprend à Hegel l'idée que la rationalité est essentiellement dialectique, c'est-à-dire en mouvement. La connaissance scientifique est un aller et retour permanent entre la raison et l'expérience, et la raison se corrige elle-même, elle ne produit pas des théories figées, mais des théories qui évoluent. Bachelard propose ainsi une définition de la rationalité complexe et subtile, qui suit les articulations de son objet en l'intériorisant. Mais il critique le caractère « clos » de la dialectique hégélienne, qui se referme sur elle-même et forme un système achevé. Il élabore au contraire une raison « ouverte », qui se réforme et qui produit constamment, faisant avancer le savoir humain sans limite définie.

Il réinterprète les notions nietzschéennes de désir, de puissance et d'ascension, qu'il applique à ses psychologies du feu et de l'air.

Bachelard s'inspire du positivisme d'Auguste Comte pour fonder une approche moderniste, méthodique et historique de la science. Il substitue à la loi des trois états sa propre vision du processus scientifique, dont les étapes principales sont le « réalisme naïf », le « rationalisme » et le « surrationalisme » (ou « rationalisme dialectique »).

Il consacre à Lautréamont un livre homonyme, dans lequel il développe sa théorie de la poésie.

Il s'oppose à la conception du temps et du réel de Bergson dans L'Intuition de l'instant (1932) et La Dialectique de la durée (1936). Mais il reçoit l'influence de la philosophie bergsonienne de la mobilité, partout explicite dans L'Air et les songes (1943).

Parmi ses contemporains, la philosophie des sciences de Bachelard est proche de celles de Ferdinand Gonseth et d'Alexandre Koyré.

Bachelard réinterprète les conceptions psychanalytiques de Freud (inconscient, censure, rêve, libido), qu'il utilise à la fois dans son épistémologie (conçue comme une psychanalyse de la raison) et dans sa poétique (conçue comme une psychanalyse de l'imagination).

Il reprend à Jung sa théorie des symboles et sa notion d'archétype. Sa lecture de C. G. Jung, mais aussi des surréalistes l'amène à comprendre l'imaginaire et non la perception comme l'origine première de la vie psychique.

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Dates importantes
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27 juin 1884 : Gaston, Louis, Pierre, né en Champagne, à Bar-sur-Aube, d'une famille d'artisans cordonniers.
1895-1902 : Études secondaires au collège de Bar-sur-Aube.
1902 à 1903 : Répétiteur au collège de Sézanne.
1903 à 1905 : Surnuméraire des Postes et Télégraphes à Remiremont.
1906 à 1907 : Service militaire comme cavalier télégraphiste au 12e Régiment de Dragons de Pont-à-Mousson.
1907 à 1913 : Commis des Postes et Télégraphes à Paris, (bureau de la gare de l'Est).
1913 à 1914 : En disponibilité pour préparer le concours d'élèves ingénieurs des Télégraphes (bourse en mathématiques spéciales au lycée Saint-Louis).
8 juillet 1914 : Mariage avec Jeanne Rossi, une jeune institutrice de son pays.
Mobilisé du 2 août 1914 au 16 mars 1919, 38 mois de tranchées dans les unités combattantes, Croix de guerre (citation à l'ordre de la division).
1919-1930 : Professeur de physique et de chimie au Collège de Bar-sur-Aube.
20 juin 1920 : Veuf, avec une fille, Suzanne, né le 18 octobre 1919.
1920 : Licencié en philosophie après un an d'études.
1922 : Agrégé de philosophie. Enseigne à Bar-sur-Aube la philosophie, tout en continuant son enseignement dans les sciences expérimentales.
23 mai 1927 : Docteur ès lettres (Sorbonne). Thèses soutenues sous les patronages d'Abel Rey et de Léon Brunschvicg.
Octobre 1927 : Chargé de cours à la faculté des lettres de Dijon.
25 août 1937 : Chevalier de la Légion d'honneur.
1930 à 1940 : Professeur de philosophie à la Faculté des Lettres de Dijon. Amitié avec Gaston Roupnel.
1940 à 1954 : Professeur à la Sorbonne (chaire d'histoire et de philosophie des sciences, où il succède à Abel Rey), directeur de l'Institut d'histoire des sciences et des techniques.
10 juillet 1951 : Officier de la Légion d'honneur.
1954 : Professeur honoraire à la Sorbonne, chargé de l'enseignement correspondant à sa chaire pour l'année universitaire 1954-1955.
1955 : Élu à l'Académie des sciences morales et politiques, fauteuil d'Edouard Le Roy.
1960 : Commandeur de la Légion d'honneur.
6 novembre 1961 : Grand Prix national des Lettres.
16 octobre 1962 : Mort à Paris. Inhumé le 19 à Bar-sur-Aube.
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mardi 29 octobre 2013

George Sand



Femme de lettre française, George Sand a laissé derrière elle une œuvre romanesque remarquable, assortie de contes, de nouvelles, de pièces théâtrales, de textes autobiographiques et d’une immense correspondance. Inspirée par les passions qui ont jalonné sa vie, elle s’est battue aussi bien pour son indépendance, sa liberté de penser que pour ses aspirations politiques républicaines. 

Une enfance à la campagne


George Sand, de son vrai nom Aurore Dupin, naît à Paris le 1er juillet 1804. Ayant perdu son père à l’âge de quatre ans, elle grandit à la campagne, auprès de sa grand-mère, à Nohant. Elle étudie les sciences et le latin tout en menant une vie champêtre qui inspirera plusieurs de ses grandes oeuvres.

Durant l’adolescence, la jeune Aurore passe quelques années dans un couvent, puis se marie au baron Casimir Dudevant en 1822. Elle met au monde deux enfants. Mais le couple s’entend mal et se sépare. Assoiffée d’indépendance, la baronne s’installe à Paris. 

Premiers ouvrages et grandes passions


Dès ses premiers écrits, elle s’inspire du nom de son amant, Jules Sandeau, pour prendre le pseudonyme de George Sand. Côtoyant les grandes plumes de l’époque, elle publie l’un de ses premiers romans, Indiana, en mai 1832, puis Valentine, la même année. Elle y défend ardemment le droit à la passion des femmes et s’oppose à toutes les oppressions dont elles sont victimes. Très vite, les talents de la jeune écrivaine sont reconnus, notamment par Sainte-Beuve et Chateaubriand. 

Outre sa collaboration à la Revue des Deux Mondes, elle publie Lélia en 1833, œuvre lyrique où l’amour est malmené par les convenances et les préjugés de la société mondaine. Cette année marque également le début de sa brève et tumultueuse liaison amoureuse avec Musset. Sa vie sentimentale est aussi mouvementée que sa vie littéraire. Elle connaît en effet plusieurs passions, parmi lesquelles figure Frédéric Chopin. 

Des pensées socialistes aux œuvres champêtres


À la fin des années 1830, George Sand s’intéresse aux pensées socialistes et démocratiques, comme en témoigne le Compagnon du tour de France (1840) et Consuelo (1842). Particulièrement engagée, elle côtoie les grands démocrates de l’époque (Pierre Leroux, Armand Barbès ou encore Félicité de Lamennais) et se réjouit des événements de février 1848. 

Mais l’échec de la Révolution la déçoit profondément. Aussi préfère-t-elle se retirer à Nohant et poursuivre sa série d’œuvres champêtres optimistes largement inspirée de son enfance. À la Mare au diable (1846) s’ajoutent ainsi François le Champi (1848), la Petite Fadette (1849) et les Maîtres sonneurs (1853). 

Auteur prolifique, George Sand écrira jusqu’à son dernier souffle. Après s’être consacrée quelques temps au théâtre, elle entreprend la rédaction de son autobiographie, Histoire de ma vie (1854-1855). Elle s’éteint à l’âge de 72 ans, laissant derrière elle une œuvre considérable et variée qui l’inscrira dans la lignée des plus grands auteurs français du XIXème siècle.
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dimanche 27 octobre 2013

Eugène Sue

Enfance dorée pour ce fils de chirurgien de la garde de Napoléon Ier, né au tout début du XIXe siècle, et dont les parrains et marraines ne sont autres que Joséphine et Eugène de Beauharnais. Élève dissipé,  il fait des études médiocres au collège puis au lycée, avant d’enter, poussé par son père et toute une lignée familiale de médecin, comme sous-aide chirurgien à l’hôpital de la maison du roi – l’Empire étant tombé entre-temps. Mais, celui que ses camarades surnomment « le beau Sue », dandy flamboyant a d’autres ambitions. Il démissionne, se lance dans des affaires douteuses, contracte des dettes, séduit des femmes mariées, multiplie les frasques. Son père l’envoie finalement en voyage pour tenter de lui remettre les idées en place et le force à s’embarquer sur le Breslau, comme sous-aide chirurgien. Ce sera alors la découverte du monde, jusqu’à la dernière expédition, en Méditerranée, dans la guerre qui oppose les Grecs aux Turcs en octobre 1827, et où il eut à opérer des blessés, et fit, dit-on, plus de morts que sur le champ de bataille… De retour, il n’a qu’une ambition : vivre comme ces princes et autres maharajas avec tout ce que cela suppose, palais, serviteurs, femmes, sexe et volupté. Il n’a pas encore 28 ans lorsque son grand-père puis son père meurent, lui léguant une fortune colossale qu’il dilapidera en sept ans. Il se fait construire un palais oriental en plein Paris, fanfaronne au Jockey-Club, se fait appeler « Baron Sue », en bon royaliste qu’il est, et séduit les plus belles femmes de Paris. Il écrit aussi, avec beaucoup de facilités, des romans dits maritimes, historiques et de mœurs, remarqués par la critique. Mais il n’est pas encore l’immense Eugène Sue.

Il manque encore le déclic, l’élément qui fera tout basculer. Ce sera une femme, du moins, un refus de femme. Un jour, prenant l’amitié d’une très noble duchesse, des avances, il lui déclare sa flemme de façon quelque peu appuyée et se retrouve illico jeté à la rue. À cet instant Eugène Sue devint socialiste acharné. De même qu’il fut également éconduit par une petite-nièce de Mme de Maintenon, qu’il avait demandée en mariage… À quoi tient une carrière littéraire ! À une blessure d’amour propre, à une simple vengeance. Il milite également, écrit dans des journaux d’extrême-gauche, flingue l’aristocratie, appelle à la révolte et l’anarchie… Il écrit alors un roman-feuilleton à caractère social : Les Mystères de Paris (1842-1843). Pour se documenter, il se déguise et visite les bas-fonds de la capitale dans ses recoins les plus sordides. Ce qui ne l’empêche pas de vivre en son palais, avec ses douze servantes vêtues à la grecque, ses domestiques, et ses gants beurre frais dont il change à chaque début de chapitre. Le génie de Sue est de ne pas juger, simplement plaquer sur le papier la réalité la plus crue, aborder tous les problèmes de l’époque, la condition de l’homme, de la femme, de l’enfant, les ouvriers, les prostituées, la vie dans les prisons, etc. Il parle simplement des classes les plus déshéritées. Il fait prendre aux gens du peuple conscience de leur véritable condition. L’exergue donne le ton : « Il n’est pas une réforme religieuse, politique ou sociale, que nos pères n’aient été forcés de conquérir de siècle en siècle, au prix de leur sang, par l’insurrection. » Le succès est foudroyant. Sue devient une idole, suscitant la jalousie de ses confrères. Même à l’étranger d’où afflue un courrier monumental. Les libéraux belges iront même jusqu’à offrir le livre aux plus déshérités.

Sue savoure son statut. Du socialisme, il évolue peu à peu vers le fouriérisme absolu et publie Le Juif errant (1844-1845), tableau idyllique d’une société communautaire, qui connaîtra le même succès. Il se présente aux élections, est finalement élu la seconde fois député républicain et socialiste de la Seine. Il vit dans un luxe insolent et signe des contrats d’édition inimaginables de nos jours.

Lorsque le prince Napoléon, qui n’est autre que le petit-fils de sa marraine, est élu président de la République en 1848, il le juge « ridiculement incapable ». Devenu Napoléon III le 2 décembre 1851, Sue s’emporte violemment contre le coup d’État. Emprisonné au Mont-Valérien, il est condamné à l’exil. Eugène Sue refuse la grâce de l’empereur et part s’installer en Savoie. Il a commencé entre-temps la rédaction des Mystères du peuple, vendu par souscription depuis 1849 et envoyé aux lecteurs par la poste pour déjouer la censure. L’ouvrage est mis à L’Index par Rome et souvent inquiété par la police. Et finalement, le Second Empire, n’entend pas en rester là. En 1957, l’intransigeant procureur Pinard, qui échoua quelques mois plus tôt à faire condamner Flaubert, mais obtiendra l’interdiction de six poèmes des Fleurs du Mal de Baudelaire, poursuivra Eugène Sue qui, interdit de territoire français, ne pourra se défendre. Ses Mystères du Peuple, achevé précisément en 1857, sont à ses yeux un appel à la République universelle, crime de lèse-majesté pour ce fervent partisan de Napoléon III. Pire : « L'auteur des Mystères du peuplen'a entrepris cet ouvrage et ne l'a continué que dans un but évident de démoralisation. » Eugène Sue ne survivra pas à la saisie des 60 000 exemplaires chez son éditeur. Il meurt le 3 août. Qu’importe, la justice est en marche : l’œuvre sera condamnée post mortem de son créateur ! La saga est poursuivie pour six chefs d’accusation, pas moins : outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes mœurs ; outrage à la religion catholique ; excitation à la haine et au mépris des citoyens les uns contre les autres ; apologie de faits qualifiés crimes ou délits par la loi pénale ; attaques contre le principe de la propriété ; excitation à la haine et au mépris du gouvernement établi par la Constitution. La sentence sera très sévère pour l’éditeur comme pour l’imprimeur : amendes et prison. La suppression de l’œuvre et la destruction des clichés seront également ordonnées.

Joseph Vebret
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jeudi 24 octobre 2013

Gustave Flaubert

La jeunesse de Gustave Flaubert

Gustave Flaubert est né le 12 décembre 1821 à Rouen en Seine-Maritime dans le Nord de la France. Il est le deuxième fils de Achille-Cléophas Flaubert, un chirurgien, et de Anne Justine Caroline. Il commença à écrire assez jeune. Selon certaines sources, il commença l’écriture à 8 ans. Il a été éduqué au Lycée Pierre Corneille à Rouen et y est resté jusque 1840, date de son départ pour Paris afin d’entreprendre des études de droit. Durant son séjour dans la capitale, il trouva la ville répugnante. Il y fit quelques connaissances comme Victor Hugo. Vers la fin de l’année 1840, il voyagea dans les Pyrénées et en Corse.

Ses débuts dans l’écriture

Sa première production fut Novembre, un roman publié en 1842. En 1846, après une crise d’épilepsie, il quitta Paris et abandonna ses études de droit. En 1849, Flaubert écrivit la première version de son roman intitulé La Tentation de saint Antoine. Il a notamment lu cet ouvrage à voix haute à Louis Bouilhet et Maxime Du Camp en 4 jours. Il ne leur donna pas l’autorisation de l’interrompre ou de donner leur opinion. Après la lecture, ses amis lui conseillèrent de jeter le manuscrit au feu en lui disant de se concentrer sur la vie de tous les jours plutôt que sur des sujets fantastiques. De 1846 à 1854, Flaubert eu une relation avec une poétesse, Louise Colet.

Des relations amoureuses tourmentées

Après avoir quitté Paris, il retourna à Croisset, à côté de la Seine, près de Rouen. Il y vécu avec sa mère pour le restant de sa vie. Il fit quelques visites à Paris et en Angleterre où il aurait eu une maîtresse. Flaubert ne s’est jamais marié. D’après Émile Faguet, son biographe, sa relation avec Louise Colet fut sa seule et unique sérieuse histoire d’amour. Il allait quelques fois rendre visite aux prostituées. Enfin, à la fin sa liaison avec Louise Collet, Flaubert perdit tout intérêt dans les relations romantiques et rechercha uniquement des compagnonnages platoniques, particulièrement avec d’autres écrivains. Avec son ami de toujours, Maxime Du Camp, il partit en Bretagne en 1846.

L’écriture de Madame de Bovary

Entre 1849 et 1850, il entreprit un long voyage au Moyen-Orient, visitant la Grèce et l’Egypte. En 1850, à son retour d’Egypte, il commença à écrire Madame Bovary. Il consacra 5 ans de sa vie à écrire ce roman. Le gouvernement attaqua l’éditeur et l’auteur du roman pour son immoralité mais les deux furent acquittés. La publication de Madame Bovary fut un succès. Il visita Carthage en 1858 pour mener ses recherches pour son roman Salammbô. Flaubert parlait très ouvertement de ses relations sexuelles avec les prostitués dans ses écrits sur ses voyages.

Les dernières années de Flaubert

Flaubert était un travailleur acharné et se plaignait souvent, dans les lettres à ses amis, du rythme soutenu de son travail. Il était proche de sa nièce, Caroline Commanville et il eu une forte amitié et une correspondance avec George Sand. Il allait souvent rendre visite à ses connaissances parisiennes comme Émile Zola, Alphonse Daudet, Ivan Turgenev et Edmond et Jules de Goncourt. Les années 1870 furent particulièrement difficiles pour Flaubert. Les soldats prussiens occupèrent sa maison durant la guerre de 1870 et sa mère mourra en 1872. Après sa mort il eu des difficulté financières. Flaubert contracta des maladies vénériennes pendant la majorité de sa vie. Sa santé déclina et il mourra à Croisset d’une hémorragie cérébrale en 1880 à l’âge de 58 ans. Il fut enterré au cimetière de Rouen
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